Economie

Volkswagen, symbole de l’efficacité de la rigueur allemande

Annabelle Georgen, mis à jour le 17.11.2012 à 8 h 40

volkswagen_logo/elyrs26 via Flickr CC License by

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Dans toute l'Europe, les ventes des constructeurs automobiles sont en berne. Sauf chez Volkswagen, qui depuis le début de la crise, est en train de s'imposer sur le marché européen, explique le quotidien berlinois Die Welt:

«Tandis que les ventes de voitures s'effondrent chez les poids-lourds de la construction comme Fiat, Opel ou PSA Peugeot Citroën, VW profite de la crise pour développer sensiblement ses parts de marché sur le continent. Son arme surprenante: des crédits auto bon marché, qui sont en grande partie une conséquence du fossé économique qui sépare une Allemagne robuste sur le plan financier de ses voisins vacillants en Europe du Sud. Avec des offres de financements agressives, VW a réussi à faire passer ses parts de marché en Europe de l'Ouest de 20% à 25% depuis que la crise a fait irruption il y a trois ans – un signe clair de la façon dont la crise est en train de changer le paysage entrepreneurial sur le continent

Alors que ses concurrents proposent des crédits auto avec des taux compris entre 5 et 11% aux particuliers, la stratégie de VW est de proposer des plans de financements très bas voire même parfois à taux zéro, assortis de baisses de prix – de 12% en moyenne pour le marché français ces derniers mois – et d'offres spéciales à côté desquelles celles de ses concurrents ne font pas le poids. En Angleterre, le constructeur allemand proposait par exemple il y a peu aux acheteurs de Polo à crédit une remise de 1.000 pounds (soit près de 1.247 euros) ainsi qu'une assurance auto gratuite.

Une stratégie commerciale agressive qui a conduit selon le chef de Fiat Sergio Marchionne à un «bain de sang», comme le rapportait le FT Deustchland. Il y a dix ans, VW était pourtant l'une des entreprises du secteur automobile les plus en difficulté d'Europe, comme le rappelle Die Welt:

«L'entreprise était autrefois connue pour ses lignes de production inefficaces, qui rendaient les modèles VW plus chers et permettaient aux concurrents italiens et français de tenir le groupe de Wolfsburg à distance du marché intérieur dans son propre pays.»

C'est en mettant en place une ferme politique de réduction des coûts ces dernières années, avec gel des salaires et allongement du temps de travail, que VW est parvenue à remonter la pente. Mais le constructeur profite bien sûr aussi du rayonnement de l'Allemagne sur le marché européen et de sa compétitivité record face à ses voisins. Selon Die Welt, c'est la preuve de l'échec de l'UE:

«Cet écart violent est la preuve que le système financier européen s'oriente toujours par rapport aux frontières – c'est le contraire qui devait en fait être atteint avec l'euro. Pour les pays du Sud de l'Europe, cela rend encore plus difficile la tâche de reprendre appui et de renforcer leur compétitivité face au Nord

Annabelle Georgen
Annabelle Georgen (343 articles)
Journaliste
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