Le cas «Rihanna contre les Seapunk» divise le web

Rihanna, lors du passage au Saturday Night Light qui a déclenché la polémique (Capture d'écran)

La victoire de Barack Obama a quelque peu éclipsé une sourde bataille culturelle qui fait rage depuis plusieurs jours sur l'Internet underground. Pour le site Flavorwire, c'est le «Rihanna-vs.-seapunk controversy», une sorte de Rihanna Gate.

Mais de quoi s'agit-il? La chanteuse hip hop, après sa performance dans le show télé américain Saturday Night Live, a été accusée d'avoir volé l'esthétique du mouvement Seapunk.

Seapunk? Pour les lecteurs qui se demandent de quoi il s'agit, un détour par l'article que Slate.fr a consacré à ce mouvement né sous Tumblr, vouant un culte-au-second-degré-mais-pas-tant aux images de dauphins, aux fonds marins générés par de la 3D vintage et aux cheveux teints en turquoise, s'impose.

Pour le résumer en une vidéo, le Seapunk ressemble à ça:

Une fois que vos lacunes sur «ce micro-genre à la con» seront comblées, les images de la performance ne laisseront plus place au doute: l'appropriation par Rihanna des codes seapunk est manifeste; trip psychédélique, symboles de la contre-culture, dominantes bleu clair, tout y est. Aucun avocat ne pourra défendre son cas en prétextant un malheureux hasard.

C'est en particulier l'artiste Jerome LOL qui s'est indigné sur Twitter de voir son propre clip récupéré ainsi sans permission par la star.

Très vite, la galaxie Seapunk réagit en utilisant l'arme qu'elle maîtrise le mieux: poster sur Tumblr. Et Rihanna n'est d'ailleurs pas la première à subir les foudres des adorateurs de Bob l'éponge. Avant elle, la rappeuse Azealia Banks a été accusée de récupération.

Faut-il pour autant brûler Rihanna sur Internet? Son apparition «était, après tout, la première occasion pour la plupart des téléspectateurs de voir cet obscur mouvement esthétique», note le site Buzz Feed. Le Seapunk ne semble pas avoir grand-chose à dire au-delà de sa colère, selon le journaliste de Flavorwire:

«Je suspecte que si c'était le cas, ils seraient moins troublés par l'emprunt de leur esthétique par des artistes comme Rihanna et Azealia Banks –après tout, si vous avez une philosophie à promouvoir, vous serez probablement très heureux de voir vos idées se répandre à grande échelle, alors que si vous n'avez qu'une esthétique, vous allez la conserver jalousement...»

Dans un article intitulé «Les hipsters seapunk font chier», l'artiste Divvd enfonce le clou:

«Et donc, Azealia Banks et Rihanna se sont inspirées de votre art. ET ALORS?!

N'est-ce pas justement la raison d'être de l'Art? L'imitation n'est-elle pas la forme la plus sincère de flatterie?»

Les #Seapunk, éternels incompris?

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