Culture

Pour sa fille, il «corrige» Zelda pour en faire un jeu vidéo féministe

Jamal El Hassani, mis à jour le 14.11.2012 à 15 h 33

The Legend of Zelda: A Link to the Past / SobControllers via FlickrCC License by

The Legend of Zelda: A Link to the Past / SobControllers via FlickrCC License by

Un peu de parité dans ce monde de brutes. Le gamer Mike Hoye, qui initie sa fille aux jeux vidéo avec le jeu culte The Legend Of Zelda: The Wind Walker, a créé un patch (correctif) pour rendre le jeu plus féministe et l'a mis en ligne.

Dans cette version, le sexe des personnages est inversé, de même que tous les mots qui font référence à un sexe ou à l’autre, rapporte le site high-tech, jeux vidéo et culture 2.0 Daily Dot.

Ainsi, Link, le héros mythique de la série Zelda devient une femme et la princesse Zelda qui s’est fait (une fois de plus!) enlever devient un homme.

Mike Hoye explique ses motivations sur son blog:

«Je refuse que ma fille grandisse en pensant que les filles ne peuvent pas être des héroïnes et sauver leurs petits frères.»

Si certains gamers pensent que changer le sexe des personnages dénature l’aventure et modifie l’histoire, l’initiative a été dans l'ensemble plutôt bien accueillie. La majorité des joueurs, dans leurs commentaires sur le blog de Mike Hoe, le félicitent et l'encouragent. Lui déclare d’ailleurs au Daily Dot envisager d’étendre son projet à d’autres jeux vidéo.

Le sexisme dans les jeux vidéo est indéniablement présent à différentes échelles. D’abord chez les joueurs. Même si la part des joueurs femmes est en augmentation comme le rappelle 20 Minutes, elles restent minoritaires, sont mal considérées et subissent les moqueries des joueurs hommes qui ne sont pas habitués à entendre des voix féminines lors de parties en ligne où le dialogue vocal est nécessaire. Lasses de ce climat et du peu d’attention dont elles font l’objet, les gameuses commencent à s’organiser pour se faire entendre, explique l’Essentiel.

Le sexisme est aussi présent dans la création des jeux vidéo. Selon Chicago Tribune, seulement 11,5% des développeurs sont des femmes. Ce qui crée inévitablement un biais dans la représentation des genres à l'écran. Ainsi, des universitaires américains ont montré que dans les 150 jeux les plus vendus aux Etats-Unis, 85% des personnages étaient des hommes, rapporte New Scientist.

La majorité des jeux vidéo s’adressent aux hommes, car ils sont dans «l'incapacité à se défaire de l'adolescent mâle comme public cible», explique Le Monde. Même lorsque les personnages sont des femmes, le jeu est souvent destiné à un public masculin en véhiculant nombre de stéréotypes.

Pour le site spécialiste des jeux vidéo Gameblog, «les femmes dans le jeu vidéo sont de plus en plus hyper sexualisées, à croire que les physiques avantageux tentent de cacher les défauts intrinsèques du jeu.» Ce phénomène s’appelle le «fanservice», explique Gameblog:

«Issu du monde du manga, le terme “fanservice” désigne la mise en forme de fantasmes pour le lecteur avisé, c'est-à-dire des petites culottes, des formes affriolantes, des poses suggestives. Le fanservice s'applique aujourd'hui souvent au jeu vidéo, s'adressant principalement à un public masculin, mais aussi féminin.»

Jamal El Hassani
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Journaliste
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