Economie

L'Allemagne, inquiète, veut souffler des idées de réforme économique à la France

Annabelle Georgen, mis à jour le 10.11.2012 à 10 h 22

L'océan Arctique. REUTERS/Kathryn Hansen/NASA

L'océan Arctique. REUTERS/Kathryn Hansen/NASA

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble (CDU) se fait du souci pour la stabilité économique de la France. Les mesures proposées par le rapport Gallois ne semblent pas avoir calmé ses inquiétudes, puisque d'après l'hebdomadaire Die Zeit, il vient de demander au Conseil allemand des experts économistes, une instance composée de cinq spécialistes indépendants, de trouver des idées de réformes pour la France.

Une initiative qui surprend plus la presse allemande sur la forme que sur le fond. Comme le fait remarquer Die Zeit:

«La démarche est inhabituelle, car ce conseil créé il y a 49 ans ne s'est jusqu'à présent pas occupé de la politique des autres pays. Le fait qu'il doive pourtant le faire maintenant montre à quel point Berlin se fait du souci pour l'état de l'économie française. […] D'après les données de la Commission européenne, le pays ne va pas réussir comme prévu à faire passer son déficit budgétaire au-dessous de la barre des 3% l'an prochain. La France est au bord de la récession, le nombre de chômeurs a atteint désormais plus de trois millions. Si la situation continue à s'aggraver, la crise européenne pourrait à nouveau empirer.»

La demande de Wolfgang Schäuble n'a en tout cas rien d'officiel. D'après le Financial Times Deutschland, le ministre n'a d'ailleurs pas souhaité confirmer cette information, un de ses porte-paroles se bornant à déclarer:

«Les discussions internes du ministre ne font en général pas l'objet de commentaires

Mais comme le rappelle le FT Deutschland, Lars Feld, un des cinq «sages» du Conseil, comme on les surnomme, a déjà tenu cette semaine des propos très inquiétants au sujet de la France lors de la présentation du rapport d'expertise annuel:

«La France est le plus gros problème de la zone euro en ce moment. Le plus gros problème, ce n'est plus la Grèce, l'Espagne ou l'Italie, c'est la France, parce que la France, au vu de la production de sa compétitivité, n'a rien entrepris, et prend même le chemin inverse.»

Annabelle Georgen
Annabelle Georgen (342 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte