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Les animaux peuvent-ils éprouver des émotions complexes? [VIDÉO]

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 09.11.2012 à 11 h 24

Capture d'écran du documentaire de PBS

Capture d'écran du documentaire de PBS

Un documentaire diffusé sur la chaîne PBS aux Etats-Unis montre la relation d’un chien et d’un daim, et l’affection qu’ils se portent en dépit de leur différence d’espèce.

Kate, le chien danois, a adopté Pip quand il était encore un faon, abandonné par sa mère. Les deux animaux ont depuis une relation unique, selon Isobel Springett, propriétaire du chien. La propriétaire de Kate explique:

«Quand ils se disent bonjour, c’est vraiment quelque chose d’unique. Ce n’est pas propre à la façon dont les daims disent bonjour, pas non plus propre à la façon dont les chiens se disent bonjour. C’est manifestement quelque chose qui n’existe qu’entre eux.»

Le magazine Psychology Today souligne que les scientifiques évoquent de plus en plus la possibilité d’attachements émotionnels au-delà des espèces:

«Ces amitiés, improbables dans de nombreux cas, montrent que nombre d’émotions incluant notamment la joie, l’amour, l’empathie, la compassion, la gentillesse, et la peine face à la mort peuvent être partagés par des amis inattendus, y compris un prédateur et sa proie, comme le chat et l’oiseau, le serpent et le hamster, une lionne et un bébé éland. Et bien sûr, les meilleurs exemples d’émotions complexes partagées par différentes espèces sont les relations proches et durables que nous, humains, entretenons avec les animaux de compagnie, avec lesquels nous partageons nos maisons.»

Le fait que les animaux ressentent des émotions, longtemps totalement nié, ne fait pas encore tout à fait consensus. Notamment parce que les chercheurs se penchant sur la question dépendent beaucoup d’observations propres plus que de résultats scientifiques rigoureux, et leurs détracteurs soulignent le problème de l’anthropomorphisme. Mais de plus en plus de chercheurs assurent néanmoins que ces émotions animales existent véritablement, et non seulement pour les chimpanzés par exemple, mais aussi les porcs ou les baleines.

A défaut d’émotions complexes, les émotions simples sont ainsi de plus en plus admises. Dans un entretien donné à l’Express en 2004, Antonio Damasio, directeur du département de neurologie à l'université de l'Iowa, et auteur de Spinoza avait raison, expliquait:

«Même les organismes très simples éprouvent des émotions, c'est-à-dire des réactions naturelles, automatiques, qui les conduisent, directement ou indirectement, à préserver leur corps et à assurer son équilibre interne. Face à une menace, par exemple, un animal va éprouver de la peur et se mettre en retrait. Avant même qu'il fuie ou qu'il se fige, il se produit des changements dans son organisme: la distribution du flux sanguin se modifie, des hormones sont sécrétées? C'est cette série de réactions, visibles ou non, qui constitue ce que l'on appelle "émotion".»

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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