Moi, assistante sexuelle

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Salon publie le témoignage d'une assistance sexuelle américaine, Rebecca Torosian qui raconte en quoi consiste son travail.

«Un assistant sexuel est un thérapeute qui aide les individus à surmonter leurs dysfonctionnement au lit. Oui, cela inclut de coucher avec des étrangers, mais contrairement à la prostitution, ces hommes n'étaient pas à la recherche d'un bon moment. Ils souffraient et étaient très honteux. Ils avaient tout essayé. En général, l'assistant sexuel est le dernier recours.»

Rebecca Torisian donne son avis sur le nouveau film de Ben Lewin, The Sessions, présenté au festival Sundance 2012, où il a obtenu deux prix. Ce film raconte l'histoire vraie du journaliste et poète Mark O'Brien décédé en 1999 et de son assistance sexuelle, Cheryl, qui lui a fait perdre sa virginité à 38 ans.

«En regardant The Sessions, cela m'a rappelé d'une façon saisissante l'étrange vulnérabilité qui existe dans ces chambres (...) Le film rappelle combien l'intimité sexuelle est fragile et fascinante. Cela m'a rappelé combien cela peut me rendre heureuse de regarder un homme découvrir sa propre puissance sexuelle.»

Le film a été l'occasion de la publication de plusieurs témoignages d'assistants sexuels ou de patients dans les médias américains. Le New York Post a interrogé Fern Arden, fondatrice d'une clinique privée d'assistants sexuels à New York. Elle note:

«On ne se focalise pas sur le sexe mais sur la familiarité et l'intimité (...) Nous prodiguons un environnement non pas pour le plaisir sexuel mais pour l'apprentissage sexuel.»

Nerve publie le témoignage d'un homme qui a utilisé dans sa jeunesse les services d'une assistante sexuelle pour perdre sa virginité.

En France, «l'assistance sexuelle» est interdite, et est considérée comme de la prostitution. Des associations comme CH(S)OSE se battent pour sa légalisation. L’ancienne ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, s'était dite «rigoureusement, formellement, totalement opposée» à l'assistance sexuelle. Le point de vue de François Hollande reste pour l'instant assez flou, rappelle Libération.

«C’est dans les pages du magazine Faire face qu’il s’était exprimé. (...) "C’est un débat difficile. L’aspiration de chacun à une vie affective et sexuelle est légitime. Mais nous ne devons pas aboutir à une solution qui reviendrait à organiser un service de prostitution. Nous devrons mener ce débat, regarder ce qui se passe dans d’autres pays, sans préjugés." Une réponse évasive qui laisse dans le flou aussi bien les militants pour les assistants sexuels que les opposants.»