Monde

L'allemand Merck ne livre plus d'anticancéreux aux hôpitaux grecs

Slate.fr, mis à jour le 04.11.2012 à 9 h 57

Des médicaments de toute sorte. REUTERS/Jacky Naegelen

Des médicaments de toute sorte. REUTERS/Jacky Naegelen

Voilà qui ne devrait pas améliorer les sentiments de la population grecque pour l'Allemagne, considérée comme responsable de la quasi-faillite du pays. Pour cause d'impayés, le groupe pharmaceutique allemand Merck ne livre plus son médicament contre le cancer Erbitux aux hôpitaux publics grecs. «Cela n'affecte que la Grèce, où nous avons été confrontés à de nombreux problèmes. Cela ne concerne que ce produit», explique Matthias Zachert le directeur financier de Merck dans un entretien au quotidien allemand Börsen-Zeitung.

Le laboratoire ajoute que les Grecs pourront toujours se procurer l'Erbitux dans les pharmacies. L'anticancéreux Erbitux est le deuxième médicament sur ordonnance de Merck le plus vendu. Il a représenté l'an dernier un chiffre d'affaires de 855 millions d'euros.

Merck n'est pas le premier à cesser de livrer les hôpitaux publics grecs. Un autre groupe pharmaceutique allemand, Biotest, a lui aussi suspendu ses livraisons en juin à la suite d'impayés.

La Grèce est le pays le plus sévèrement touché par la crise de la dette dans la zone euro. Et même si Athènes pourrait obtenir un délai supplémentaire pour réduire ses déficits, les coupe sombres dans les dépenses publiques et donc les budgets des hôpitaux vont continuer. Le gouvernement grec cherche à la fois à gagner deux ans avant d'engager un nouveau train d'économies budgétaires et à obtenir une aide financière supplémentaire de l'Union Européenne, du FMI et de la BCE.

Ceci dit, les hôpitaux grecs ne sont pas les seuls dans le sud de l'Europe à avoir des difficultés de paiement. En juillet, Merck déjà, menaçait de renoncer à de futurs projets de recherche de plusieurs dizaines de millions d'euros au Portugal si des hôpitaux du pays ne remboursaient pas leurs dettes.

En Espagne, la situation est meilleure, comme le souligne un porte-parole de Merck, car le gouvernement aide les hôpitaux publics à payer les factures, ce qui leur évite d'être privés d'approvisionnement.

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte