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L'Arabie Saoudite détruit des vestiges de l'Islam dans l'indifférence

La Mecque, la tour à l'horloge devant la Kaaba Amr Dalsh / Reuters

La Mecque, la tour à l'horloge devant la Kaaba Amr Dalsh / Reuters

«Imaginez que l'Eglise du Saint Sépulcre à Jérusalem soit rasée et remplacée par un batiment ultramoderne en béton ayant la forme d'un vaisseau spatial… Les Chrétiens du monde entier se révolteraient et ne laisseraient pas faire… Et ils auraient un soutien massif des politiques et des intellectuels horrifiés par la perspective d'un tel acte de vandalisme culturel.» C'est ainsi que commence l'article du Telegraph qui explique que l'Arabie Saoudite est en train de détruire dans les deux plus grandes villes saintes de l'Islam, La Mecque et Médine, des vestiges d'une valeur historique inestimable dans l'indifférence la plus totale… notamment du monde musulman.

«A La Mecque, la maison d'une des femmes du prophète Mahomet a été démolie pour faire place à des toilettes publiques. Et son lieu de naissance pourrait également être rayé de la carte pour permettre la réalisation d'un projet immobilier grandiose de Grande Mosquée au côté d'un centre commercial et de gratte-ciels» écrit The Telegraph.

A Médine, un article de The Independent révèle un plan mégalomaniaque consistant à raser trois mosquées du 7ème siècle. «Il y a dix ans, une mosquée qui appartenait au petit fils du prophète a été dynamitée. Des photos de cette démolition ont été prises secrètement et sorties du pays montrant la police religieuse saoudienne célébrant la destruction» écrit The Independent. Ces destructions sont mûrement calculées. Elles visent à la fois à transformer les lieux de pèlerinage en centres touristiques de luxe avec hôtels et commerces et sont aussi liées au fait que la secte Wahabite, qui a conquis La Mecque en 1924 et dirige l'Arabie Saoudite, veut laisser une marque indélébile sur les lieux saints dont elle a la garde. Elle entend aussi empêcher qu'une trop grande révération des bâtiments ayant un lien avec le prophète conduise à l'idolâtrie.

Mais la vraie question est de savoir pourquoi personne ne proteste, ne manifeste, ne s'insurge dans le monde musulman contre la disparition d'un patrimoine historique et religieux irremplaçable. Le même monde musulman «qui s'enflamme quand des archéologues israéliens entreprenent la moindre recherche autour du Dome du Roc à Jérusalem, troisième lieu saint de l'Islam», écrit The Telegraph.

La réponse selon le quotidien britannique tient au fait que s'en prendre à Israël est facile et qu'en revanche l'Arabie Saoudite fait peur par son poids économique, financier et spirituel. L'occident n'est d'ailleurs pas plus courageux. La grande exposition au British Museum de Londres sur le pèlerinage à La Mecque qui s'est tenue de janvier à avril 2012 ne faisait aucune mention des travaux et des projets immobiliers. Elle ne signale même pas la construction de cette grande tour moderne qui défigure le site, la deuxième tour la plus haute du monde qui culmine à 600 mètres et dont le sommet en forme d'horloge évoque une «Big Ben» de Londres déformée. Elle est construite juste à côté de la Kaaba, le cube noir qui est le centre des dévotions le plus sacré de l'Islam...

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