Des ayants droit de Tolkien refusent à un scientifique d'utiliser le nom «hobbit»

«Le Hobbit» de Peter Jackson.

Brent Alloway, un volcanologue néozélandais de l’université de Victoria, aurait dû prononcer début décembre une conférence intitulée «L’autre hobbit» et portant sur l’Homo floresiensis, une espèce de petite taille, proche de l’homme, qui vivait il y a des dizaines de milliers d’années sur une île indonésienne, et est surnommée comme cela par la communauté scientifique depuis sa découverte en 2003. Mais il se l’est vu interdire par des ayants droit de J.R.R. Tolkien, l’auteur de Bilbo le hobbit, à qui il avait écrit par courtoisie pour les informer de sa conférence, selon 3 News, le site de la chaîne télévision néozélandaise TV3, qui rapportait l’histoire il y a une semaine.

Selon Brent Alloway, la découverte de l’Homo floresiensis a «plus ou moins coïncidé avec le Seigneur des anneaux de Peter Jackson, et les archéologues impliqués l’ont juste surnommé de manière informelle le hobbit», le terme étant ensuite «largement adopté par la communauté scientifique». Interviewé par le quotidien britannique The Guardian, le scientifique a également noté que le mot «hobbit» était présent dans le Oxford English Dictionary, «souvent utilisé en toute impunité dans la presse écrite» et fréquemment mentionné «dans la littérature scientifique».

Interrogé par 3 News, l’ambassadeur d’Indonésie en Nouvelle-Zélande a lui expliqué que ses compatriotes utilisaient le nom scientifique mais pas le surnom.

La conférence aura finalement lieu sous le titre «Une espèce nouvellement découverte de petits hommes — Démêler la légende derrière l’Homo floresiensis», quelques jours avant la sortie mondiale du premier épisode de la trilogie Le Hobbit, une nouvelle fois signée Peter Jackson.

«Quand on gère la succession de Tolkien, on a une fâcheuse tendance à voir de la contrefaçon un peu partout», note le site Actualitté, rejoint par BibliObs, qui estime qu’«il faudrait que les ayants droit se calment».

En juillet dernier, Le Monde avait publié une longue enquête, «Tolkien : l’anneau de la discorde», sur la gestion de l’héritage de l’écrivain britannique, expliquant que «cette galaxie marchande pèse désormais plusieurs milliards de dollars, dont la majeure partie ne revient pas aux héritiers», l'héritage étant divisé en deux entités: le Tolkien Estate, détenue par les descendants de l'auteur et qui possède les droits de ses oeuvres, et Middle-Earth Enterprises, détenue par le producteur américain Saul Zaentz, qui détient les droits d'adaptation filmique et de merchandising de Bilbo le hobbit et Le Seigneur des anneaux. C'est cette dernière qui s'est trouvée en litige avec Brent Alloway.

Article actualisé le 1er novembre 2012 à 19h45 pour préciser la séparation en deux entités de l'héritage Tolkien.

Photo: «Le Hobbit» de Peter Jackson.
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Publié le 01/11/2012
Mis à jour le 07/11/2012 à 14h36