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Pourquoi les enfants se croient invisibles lorsqu'ils cachent leurs yeux derrière leurs mains

Pierrick de Morel, mis à jour le 29.10.2012 à 11 h 18

Hide an Go Seek / c.mcbrien via Flickr CC, Licence By

Hide an Go Seek / c.mcbrien via Flickr CC, Licence By

Quiconque a déjà eu l’occasion de gronder un enfant a pu remarquer ce réflexe bizarre de certains, consistant à masquer leurs yeux derrière leurs mains, pensant (naïvement) que ce geste pourra les rendre invisibles. Mais d’où leur vient cette fausse idée?

Des chercheurs de l’université de Cambridge se sont penchés sur cette question et, procédant par élimination, semblent avoir trouvé l’explication à ce surprenant réflexe. Et leurs conclusions montrent que les gamins ont une conception plutôt étrange de l’invisibilité...

Sur le site américain BPS Research Digest, le psychologue et écrivain Christian Jarrett explique qu'une équipe de scientifiques britanniques, sous la direction du professeur James Russel, a mené une série d’expériences avec 37 enfants âgés de trois et quatre ans.

Comme l’explique le Daily Mail, l’une de ces expériences consistait à faire porter des masques aux enfants et à leur demander s'ils pouvaient être vus par les scientifiques: la plupart des enfants pensaient que non. De même, de nombreux jeunes sujets pensaient que les chercheurs ne pourraient pas non plus voir un adulte si ce dernier cachait également son visage derrière un masque.

Une deuxième expérience consistait à faire porter aux bambins des lunettes qui leur permettaient de percevoir la réalité, mais qui masquaient leurs yeux à leurs interlocuteurs par un jeu de miroir. Sept enfants seulement sont parvenus à concevoir qu’il leur était possible de voir à travers la réalité alors que personne ne voyait leurs yeux. Et sur ceux ayant compris le concept de ces lunettes, six ont continué à croire qu’ils étaient invisibles puisque personne ne pouvait croiser leur regard. Après ces deux tests, la conclusion des scientifiques est sans appel:

«Les enfants pensent que pour qu’une personne soit visible, l’expérience de la vue doit être partagée et mutuellement perçue comme partagée, comme c’est le cas lorsque deux paires d’yeux se croisent.»

Comme le conclut Christian Jarrett, cette expérience pourrait s’avérer très utile pour de futures recherches. Elle pourrait ainsi aider à mieux comprendre le comportement des enfants autistes, dont il est parfois difficile de capter l’attention, ou des enfants aveugles.

Pierrick de Morel
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