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Même avec modération, l’alcool a un impact sur le cerveau

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 27.10.2012 à 11 h 20

- Dégustation d'un vin rouge Chateau Smith Haut Lafitte à Martillac, en mars 2009. REUTERS/Régis Duvigneau -

- Dégustation d'un vin rouge Chateau Smith Haut Lafitte à Martillac, en mars 2009. REUTERS/Régis Duvigneau -

Il est entendu que, consommé avec modération, l’alcool est toléré par les professionnels de santé et que le vin rouge peut même avoir des effets bénéfiques pour le cœur.

Or selon une étude à paraître le 8 novembre dans la revue Neuroscience relatée par The Atlantic, une consommation modérée d’alcool durant seulement deux semaines peut avoir des effets négatifs sur la plasticité du cerveau humain adulte. Pour en arriver à ces conclusions inquiétantes, les chercheurs de l’université Rutgers ont soumis des rats à un régime liquide contenant 4% d’éthanol ou de maltodextrine, une sorte d’open-bar pour rats pendant deux semaines…

Le nombre de cellules produites dans l’hippocampe des rongeurs a été diminué de 40% à l’issue de la période de test. Les rats n’avaient alors que 0.08% d’alcool dans le sang, un niveau peu élevé qui correspond à la limite légale au volant dans la plupart des pays, mais qui est déjà suffisant pour affecter la plasticité du cerveau.

En revanche, les chercheurs ont testé la motricité des rats et leur faculté d’apprentissage, et n’ont pas constaté d’altération de ces capacités. Les auteurs de l’étude émettent toutefois l’hypothèse qu’à terme, boire modérément —soit 3 à 4 verres par jour— pourrait affecter nos capacités d'apprentissage et de mémorisation.

«Si cette partie de votre cerveau est affectée chaque jour durant de nombreux mois et années, vous pourriez ne plus être capable d'apprendre où vous rendre dans un nouveau lieu, ou d'apprendre quelque chose de nouveau concernant votre vie», conclut le principal auteur de l'étude, Megan Anderson sur le site Science Daily.

Alors que faire pour éviter la consommation modérée ou mondaine? Comme Jean-Yves Nau l’a écrit récemment sur Slate.fr, le mariage reste une bonne manière de limiter sa propention à boire de l’alcool, si l’on en croit une étude de Corinne Reczek, professeur adjoint de sociologie à l'Université de Cincinnati. Sauf que, malheureusement, cette conclusion vaudrait surtout pour les hommes. Les femmes, face au niveau plus élevé de consommation de leur conjoint, auraient elles tendance à boire un peu plus sur le long terme…

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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