France

Montebourg? Un «abruti mental» selon le président de Mitsubishi France

Grégoire Fleurot, mis à jour le 24.10.2012 à 10 h 45

Arnaud Montebourg, le 25 juillet 2012 à l'Assemblée nationale. REUTERS/Charles Platiau

Arnaud Montebourg, le 25 juillet 2012 à l'Assemblée nationale. REUTERS/Charles Platiau

Décidément, les patrons de marques automobiles asiatiques en France ne portent pas Arnaud Montebourg dans leur cœur.

Jean-Claude Debard, président exécutif d’Emil Frey France, la société importatrice de Subaru, Daihatsu, SsangYong et Mitsubishi, a lancé une attaque en règle contre le ministre du Redressement productif mardi 23 octobre lors de la présentation du nouvel SUV de Mitsubishi sur la Côte d’Azur. Le journal local La Provence rapporte les propos du patron apparemment réputé pour son franc-parler:

«Je ne comprends pas ce ministre qui ne connaît pas ses dossiers de l'automobile qui représente 25% des revenus de la France et 10% de l'emploi dans notre pays, car il n'y a pas seulement les constructeurs mais aussi ceux qui travaillent par ou pour l'automobile directement ou indirectement.»

La tirade de Jean-Claude Debard devient ensuite plus violente, insultante même:

«Cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologiques, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique de Paris et pourrit la vie des automobilistes, de toutes les origines sociales... Tous le subissent!

Il est bête et ne comprend rien. Vous pouvez me citer sans vous inquiéter... Grâce à mes précédentes déclarations sur les chaînes de télévision nationales, j'ai déjà un contrôle fiscal!»

Depuis sa nomination cet été, Arnaud Montebourg a fait des constructeurs de voitures asiatiques et plus particulièrement coréens le symbole de la concurrence déloyale et du dumping commercial qu’entraîne selon lui la mondialisation. Le gouvernement est même allé jusqu’à demander au mois d’août à la Commission européenne «la mise sous surveillance des importations de véhicules en provenance de Corée du Sud», qu’un accord de libre échange entre l’Union européenne et le Corée du Sud aurait injustement favorisées.

Une demande rejetée le 22 octobre par la Commission, qui a expliqué que «les conditions juridiques requises pour l'introduction d'un tel mécanisme de surveillance ne sont pas remplies». Dans une interview au Figaro, le commissaire européen au commerce, Karel de Gucht, explique:

«Les chiffres montrent que l'accord de libre-échange signé avec Séoul en 2011 est largement favorable à l'UE. Notre déficit commercial bilatéral est tombé au plus bas. […] Il n'y a donc aucune raison de lancer la procédure de surveillance souhaitée par Paris. Pire, ce serait dangereux quand les autres exportations européennes vers la Corée du Sud augmentent aussi vite.»

En septembre, c’était le directeur général de Hyundai France qui s’étonnait de l’«acharnement» d’Arnaud Montebourg contre les constructeurs coréens:

«Sans doute faut-il que nous expliquions davantage le fait que les ouvriers des usines coréennes ne travaillent pas douze ou treize heures par jour, mais sept ou huit, et que nos produits vendus en Europe sont fabriqués dans le respect social en Corée du Sud…»

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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