Reservoir Dogs: 20 ans déjà que le premier film de Quentin Tarantino est sorti en salle

Les lignes qui suivent sont bourrées de spoilers mais, franchement, si vous n’avez toujours pas vu Reservoir Dogs, le premier long métrage de Quentin Tarantino, vingt ans après sa sortie en salle aux Etats-Unis, c’est que vous avez probablement raté votre vie de cinéphile...

Car oui, ce mardi 23 octobre 2012 est le vingtième anniversaire de ce film devenu depuis largement culte, aussi célèbre pour son dialogue d'ouverture sur l'analyse de la virginité supposée de Madonna dans les paroles de Like a Virgin que pour sa musique d'ouverture, Little Green Bag.

Depuis, Tarantino a parfois lassé: comme le note The Atlantic, son prochain Django Unchained laisse deviner un film hyper-référentiel, acéré et plein d’ironie... Et qui parodie un genre classique, en l’occurrence le western spaghetti.

C’est pourquoi se replonger dans les racines du travail du réalisateur rassurera les fans tout en contredisant ceux parmi les critiques qui doutent de l’intérêt de son prochain film. Car Reservoir Dogs est «un film qui pour une fois chez Tarantino, poursuit The Atlantic, ne parle ni de films, ni de violence, ni de culture mais plutôt de gens, offrant un démenti brutal à la perception commune qu’on a d’un Tarantino réalisateur de films d’action, un dessinateur de BD superflu plus intéressé par des conventions navrantes que par la création de véritables personnages».

Dans une des séquences les plus inventives, M. Orange, joué par Tim Roth, joue une «anecdote amusante à propos du deal de drogue» qui finit mal. Dans la même séquence ininterrompue, Orange, un flic infiltré parmi les malfrats, répète cette anecdote devant son contact dans la police, se retrouve en train de la raconter plus tard devant ses partenaires de braquage et, enfin, joue dans son souvenir de l’anecdote, pourtant inventée.

Une séquence –forcément– sélectionnée par le site Film School Rejects parmi les huit cultes du film.

Reservoir Dogs, qui a été tourné avec peu de moyens, prouve que «Tarantino s'intéressait autant aux humains qu'au kitsch et au gore», conclut The Atlantic. Il «veut depuis longtemps que l'on sache si ses pitres et ses gangsters de bande-dessinée préfèrent le croquant ou le crémeux, comment ils passent le temps entre deux coups, quelles sont leurs chansons fétiches».

«La conclusion dérangeante et tragique du film donne à voir un Tarantino certes maître de l’excès, mais aussi auteur pour qui l’échec personnel des protagonistes compte au moins autant, sinon plus, que la pagaille ensanglantée qui les attend à la fin.»