Culture

Les Soviétiques ont fait le dessin-animé de dinosaures le plus triste de tous les temps

Temps de lecture : 2 min

Capture d'écran de «Mountain of Dinosaurs»
Capture d'écran de «Mountain of Dinosaurs»

Un spécialiste de paléontologie vient de retrouver un dessin-animé soviétique de 1967, intitulé Mountain of Dinosaurs, qu’il qualifie de «plus triste dessin-animé de dinosaures jamais réalisé».

C'est l'histoire du changement climatique subi par les dinosaures, et le processus d'évolution de leur reproduction. Au départ, dans le dessin-animé (pas tout à fait réaliste) le soleil réchauffait les oeufs de dinosaures de ses rayons, et ils pouvaient ainsi éclore. Puis le temps se refroidit, les coquilles d'oeufs s'adaptèrent et se renforcèrent pour survivre au froid, mais du coup les bébés dinosaures ne pouvaient plus sortir de ces coquilles –sous couvert de s'adapter et de les protéger, les coquilles les enfermaient. Et les petits bébés dinosaures moururent dans leurs coquilles. Ce fut l'extinction de l'espèce.

Brian Switek, le spécialiste en question, souligne les contextes du XXe siècle dans lesquels le terme «dinosaure» a été utilisé comme «le parfait repoussoir pour nos inquiétudes et nos peurs» occidentales, raconte The Atlantic qui rapporte ses propos. Il a par exemple été utilisé par les pacifistes pour vilipender ceux qui allaient conduire à leur propre extinction par les armes.

Dans le cas de Mountain of Dinosaurs, le magazine américain précise:

«Le réalisateur Rasa Strautmane, et le scénariste Arkady Snesarev, selon Switeck, se sont servis de l’extinction massive des dinosaures il y a 65 millions d’années "d’une manière plus spécifique et subversive à la fois." C’est une attaque cinglante du système soviétique, et de son mépris pour les droits individuels, représentant un gardien métaphorique pris de folie furieuse.»

Switeck précise sur son blog, sur le magazine Smithsonian:

«Le dessin-animé alerte sur ce qui se passe si un responsable, supposé veiller sur des individus, réprime en réalité ceux qu'il est censé protéger.(...) Cela semble être une métaphore des suppressions des droits individuels des citoyens par le gouvernement soviétique.»

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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