Les femmes sont de plus en plus infidèles

Édouard-Henri Avril, wikimedia

Édouard-Henri Avril, wikimedia

Les hommes sont-ils vraiment plus infidèles que les femmes? Cette croyance, largement répandue dans nos sociétés, est mise à mal par de nouveaux travaux sur le sujet. Les derniers chercheurs à avoir travaillé sur la question pensent que la fréquence de l’infidélité chez les femmes se rapproche de plus en plus de celle des maris, rapporte le Wall Street Journal.

Parmi les données les plus fiables sur le sujet figurent les résultats de la General Social Survey aux Etats-Unis, une étude sponsorisée par la National Science Foundation qui pose la même question aux Américains depuis 1972.

En 2010, 19% des hommes déclaraient avoir été infidèles au moins une fois au cours de leur mariage, contre 21% en 1991. Le taux de femmes qui déclarent avoir eu une aventure extraconjugale est lui passé de 11% en 1991 à 14% en 2010.

Une autre étude publiée en 2011 a même trouvé un écart encore plus faible entre les deux sexes, avec 23% d’infidèles chez les hommes et 19% chez les femmes. Ce resserrement des courbes comme on dirait en matière de sondages politiques est à analyser avec certaines réserves, comme l’explique Peggy Drexler, psychologue américaine auteure de l’article dans le Wall Street Journal:

«Un problème récurent pour les chercheurs, et même pour ceux dont les échantillons sont méticuleusement réalisés, est que tout sondage de ce type demande des confessions à des personnes qui ont de bonnes chances de mentir à leur conjoint. Les chercheurs pensent généralement que les vrais chiffres de l’infidélité sont plus élevés que ce qu’indiquent leurs résultats.»

Néanmoins, toutes les études sur le sujet semblent pointer un rapprochement des comportements masculins et féminins. Reste à en trouver l’explication. Plusieurs hypothèses sont évoquées, comme le phénomène de «surcharge d’infidélité», cette omniprésence de l’adultère dans les films et séries télé américaines qui pourrait à la longue rendre l’acte plus acceptable.

Une étude de l’université de Tilburg aux Pays-Bas publiée dans la revue scientifique Psychological Science que nous évoquions en 2011 estimait que l’infidélité était aussi la marque d’une meilleure place économique et sociale, qui entraîne plus de confiance en soi et permet aux femmes d’utiliser leur position comme les hommes le font depuis longtemps.

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