Rihanna manque-t-elle de vocabulaire?

Rihanna s'apprête à allumer les illuminations de Noël d'un grand magasin dans l'Ouest de Londres, le 4 novembre 2010. REUTERS/Eddie Keogh

«Chère Rihanna, nous sommes inquiets pour toi», ironise le journaliste de Time Joseph McCombs. La raison de son inquiétude? Rihanna écrit des chansons avec si peu de mots, que le journaliste se demande si elle n'a pas attrapé une terrible maladie l'empêchant d'écrire des textes comprenant plus de trois mots de vocabulaire.

Selon le blogueur et compositeur Graham English, cité par Joseph McCombs, une bonne chanson doit compter entre 100 et 300 mots différents. La dernière chanson de Rihanna, Diamonds, n'en compte que ... 67. C'est un peu mieux que son tube de cet été, Where Have You Been, qui ne comptait que 40 mots différents. Quand on l'écoute, on ressent comme un vague sentiment de répétition:


Rihanna - Where Have You Been par umusic

Le journaliste de Time compare avec d'autres chansons, notamment celle de Ke$ha Die Young et de Beyoncé Single Ladies (Put a Ring on it), les deux grandes rivales de Rihanna, qui ont toutes été écrites avec plus de mots.

Evidemment, un tube ne signifie pas forcément un nombre de mots utilisés incroyablement élevés. Let it be, l'immense succès des Beatles, a été écrit avec seulement 139 mots différents.

«Certes, une verbosité maximum ne signifie pas forcément des profits maximums. Mais donne-nous juste l'illusion d'une ambition lyrique, comme celle fantaisiste que l'on a entendu sur tes chansons plus anciennes, comme Don't stop the music (108 mots)», poursuit le journaliste du Time.

Sur Slate, Jonah Weiner se demandait en 2011 Pourquoi Rihanna a-t-elle tant de succès?. Selon lui, la reine de la pop «n’est pas comme les autres déesses des charts; pas tant par la faiblesse de sa voix (Madonna n’a pas non plus une grande voix) mais par la faiblesse de son personnage. Elle n’est pas totalement convaincante».

Malgré son manque de vocabulaire et son aspect peu convaincant, Rihanna continue de collectionner les tubes au box office. Jonah Weiner a une réponse toute trouvée pour expliquer ce paradoxe.

«Une des raisons est une pure question de volume; elle a sorti un album par an depuis 2005, à l’exception de 2008, et son label consacre énormément de ressources à son succès.»