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Pourquoi l'Allemagne ne doit pas quitter la zone euro

Annabelle Georgen, mis à jour le 17.10.2012 à 15 h 48

Deutsche Mark West Germany / Manosij Mukherjee Photography via FlickrCC Licence by

Deutsche Mark West Germany / Manosij Mukherjee Photography via FlickrCC Licence by

«Il existe un réel danger que l'euro puisse détruire l'Union européenne.» Mais si l'Allemagne abandonnait la monnaie unique, «le problème se dissoudrait dans l'air».

La solution radicale à la crise de la dette proposée le 15 octobre par l'investisseur américain multimillionnaire George Soros, connu pour ses prises de position très tranchées, part d'un principe simple: le retrait de la zone euro de la plus grande puissance économique d'Europe, en provoquant une dévaluation de l'euro, ferait automatiquement diminuer les dettes des pays restants, tout en rehaussant dans le même temps leur compétitivité.

Une proposition qui n'enthousiasme franchement pas les Allemands, lassés d'être le bouc émissaire de la crise européenne, et qui suscite plutôt le scepticisme chez les économistes, comme le rapporte le quotidien Welt.

Ces derniers ne mettent pas en doute le coup de fouet qu'apporterait à l'économie européenne une dévaluation de l'euro, mais soulignent que cette solution ne saurait régler les problèmes structurels des pays du sud de l'Europe. C'est ce qu'explique Ulrich Kater, économiste en chef de la Deka-Bank:

«Si ces pays n'augmentent pas leur productivité, même après une dévaluation, ils retomberont très rapidement à leur revenu par tête actuel

D'autres économistes, à l'instar de Jörg Kramer, à la tête de la Commerzbank, avancent aussi l'hypothèse que les pays les plus endettés perdraient également leurs plus grands pourvoyeurs de fonds.

Son confrère Dirk Meyer craint lui aussi un dangereux effet domino en cas de départ de l'Allemagne, comme il l'expliquait dans une interview au Spiegel en septembre:

«Un retrait de la République fédérale signerait la fin de la zone euro. Dans ce cas l'Autriche, les Pays-Bas et le Luxembourg se poseraient alors la question: devons-nous désormais assumer seuls le plan de sauvetage? Ils se retireraient donc eux aussi.»

Cet économiste est pourtant partisan d'une réintroduction du Deutsche mark en Allemagne, mais ce en tant que monnaie parallèle qui garantirait une stabilité monétaire à l'Allemagne en cas d'inflation de l'euro.

Les spécialistes s'accordent également entre eux au sujet des conséquences dramatiques qu'un retrait de la zone euro pourrait avoir en Allemagne. Comme le résume Jörg Krämer:

«Cela pourrait entraîner des désaccords politiques si forts avec les autres pays européens que l'économie allemande pourrait perdre l'accès au marché intérieur européen. Dans ce cas, on ne parle pas d'un retour en 1998, mais en 1970. C'est le plus grand risque côté allemand

Un retrait de l'Allemagne aurait enfin une portée symbolique tragique d'un point de vue historique, comme le souligne Ulrich Kater:

«L'ADN de l'euro ce n'est pas l'aspect économique en premier lieu, mais l'aspect politique.»

Et l'Allemagne, poursuit-il, n'a pas intérêt à passer pour «le pays qui a détruit l'Europe pour la troisième fois en l'espace de 100 ans

Annabelle Georgen
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