Monde

L'évolution de la Chine vue du train

Laure Beaulieu, mis à jour le 15.10.2012 à 11 h 15

Le train à grande vitesse chinois. REUTERS/Donald Chan

Le train à grande vitesse chinois. REUTERS/Donald Chan

Vingt-six ans après son premier voyage en train en Chine, le correspondant de la BBC à Pékin a décidé de remonter à nouveau dans un wagon chinois en direction du Wuhan. Voilà ce qu'Angus Foster observe au cours de son voyage les changements dans la société chinoise:

«Il n'y avait plus de chèvres ni de poulets. (...) Personne ne montait dans le train par les fenêtres (...). Le wagon avait même l'air conditionné. Les sièges inconfortables de ying zuo [la classe la moins chère dans les trains chinois] n'étaient plus durs  comme avant, mais rembourrés avec des housses bleues. (...) Il n'y avait pas beaucoup de paysans. Dans ma cabine de 6 sièges, les 5 passagers avaient des téléphones portables avec un accès à Internet. Deux d'entre eux avaient des ordinateurs portables et regardaient des films d'action hollywoodien sous-titrés à plein volume.»

Les passagers ont beaucoup changé, mais les trains eux-mêmes ont été radicalement transformés.

«De nouvelles lignes ont été ajoutées chaque année. Les locomotives à vapeur ont été remplacées par des engins qui roulent au diesel et à l'énergie électrique. De façon encore plus ambitieuse, la Chine a mis en place le réseau de trains à grande vitesse le plus important au monde.»

En 2010, Gilles Bridier écrivait sur Slate.fr:

«Aujourd’hui, la coqueluche de la grande vitesse ferroviaire est chinoise. La France a beau se frotter les yeux pour sortir d’un cauchemar que jamais cheminot n’aurait imaginé vivre, le verdict du tachymètre est sans appel: sur les quelque 1.000 km de la ligne qui relie Canton à Wuhan, les trains chinois à grande vitesse circulent à une vitesse moyenne de 312 km/h, avec des pointes à 350 km/h qui laissent le TGV français sur le carreau.»

Néanmoins, un accident grave en juillet 2011 à Wenzhou a freiné en partie ce développement du système ferroviaire chinois, rappelle le journaliste Angus Foster.

«Pour beaucoup de Chinois, l'accident semble avoir confirmé ce qu'ils suspectaient depuis longtemps, que le pays se développait trop vite, lésinant sur beaucoup de choses pour rattraper le reste du monde, quels que soient les risques.»

Gilles Bridier concluait en juillet 2011:

«La catastrophe de Wenzhou pose la question de la fiabilité de ce réseau, et l’adaptation du système de signalisation à la grande vitesse. Problème de maturité qui va obliger la Chine à revoir son concept de TGV, à l’enrichir de nouveaux équipements de sécurité, mais certainement pas à remettre en question la construction des 16.000 km de LGV prévus à l’horizon 2020.»

Laure Beaulieu
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