Monde

Sept soldats britanniques des Royal Marines arrêtés pour meurtre en Afghanistan

Grégoire Fleurot, mis à jour le 12.10.2012 à 11 h 28

Des Royal Marines dans le Helmand en 20009, REUTERS

Des Royal Marines dans le Helmand en 20009, REUTERS

Sept Royal Marines britanniques soupçonnés de meurtre ont été arrêtés jeudi 11 octobre par la police militaire après qu’un de leurs collègues a affirmé qu’ils ont tué un insurgé afghan d’une manière qui viole les règles d’engagement strictes de l’armée, rapporte le Guardian.

L’incident s’est produit l’année dernière dans la province du Helmand, mais les enquêteurs n’ont commencé à s’intéresser à l’affaire que dernièrement quand un marine a brisé la «loi du silence» qui règne généralement dans l’armée pour signaler le crime.

La BBC explique que les règles d’engagement «stipulent les circonstances dans lesquelles les forces armées britanniques ont le droit d’ouvrir le feu, que cela soit au contact direct de l’ennemi ou pour prévenir une attaque imminente».

Ces règles sont très rarement rendues publiques pour éviter que les adversaires en sachent trop sur les situations dans lesquelles les soldats britanniques ont le droit de faire feu sur eux ou de répondre par la force.

Le système judiciaire du ministère de la Défense, qui a justement été créé pour pouvoir juger des membres du personnel britannique soupçonné d’infractions à l’étranger, est en charge de l’enquête, et n’a pas laissé filtrer plus de détails sur l’affaire. L’institution a simplement précisé que le supposé incident s’est passé lors d’une escarmouche avec des insurgés, et concerne la mort d’un combattant et non d’un civil. Selon le Guardian, on peut en déduire que c’est le comportement des soldats britanniques alors que l’homme était déjà prisonnier qui est en cause.

Le simple fait que les arrestations aient été rendues publiques est un coup dur pour la réputation des Royal Marines, un corps d’élite de l’armée britannique qui sont la fierté de la Royal Navy. Leur action en Afghanistan a été saluée à de nombreuses reprises depuis le début de la guerre, et le ministère de la Défense avait déclaré à leur retour qu’ils avaient participé à «étrangler la rébellion dans le Helmand», une des régions les plus dangereuses du pays.

Selon le Guardian, l’affaire est un cadeau pour les talibans, qui n’hésiteront pas à se servir de ces accusations pour montrer que les forces de l’Otan en Afghanistan ne sont pas dignes de confiance.

Grégoire Fleurot
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