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Malala Yousafzai: Pourquoi une adolescente pro-éducation est le pire cauchemar des Talibans

Temps de lecture : 2 min

Malala Yousafzai dans une photographie non datée. REUTERS/Hazart Ali Bacha/Files
Malala Yousafzai dans une photographie non datée. REUTERS/Hazart Ali Bacha/Files

Des manifestations ont eu lieu à travers le Pakistan pour protester contre la tentative de meurtre par des Talibans d'une jeune fille de 14 ans. Depuis ses 11 ans, Malala Yousafzai est devenue une des figures de l'anti-extrémisme, quand elle a ouvert un blog (sous pseudo) sur la BBC pour raconter la vie de sa région contrôlée par les Talibans, et son désir d'aller à l'école.

Des membres du Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP) sont montés dans le bus scolaire où Malala et d'autres jeunes filles étaient assises, ont demandé où elle était et, une fois identifiée, lui ont tiré une balle dans la tête ce mardi 9 octobre, blessant également deux autres écolières. Les médecins ont réussi à extraire une balle qui avait traversé son crâne pour se loger dans son épaule ce mercredi 10, mais elle est toujours dans le coma.

Les médecins auraient bon espoir que la balle n'ait pas causé de dommage au cerveau, a dit un ami proche de la famille de Malala Yousafzai, Fazal Moula Zahid, au chroniqueur du New York Times Nicholas Kristof, ajoutant:

«Quand elle sera remise, elle continuera à s'éduquer. Elle n'abandonnera jamais l'école. Elle ira jusqu'au bout.»

Si elle s'en sort, les Talibans ont promis qu'ils essayeraient de la tuer à nouveau, ce qui n'étonne pas William Dobson, de Slate.com:

«Une adolescente en faveur de l'éducation des filles est la chose la plus terrifiante au monde pour les Talibans. Elle n'est pas une activiste d'une ONG occidentale qui vient de débarquer dans la région pachtoune et distribue des manuels. Elle est beaucoup plus dangereuse: une partisane du progrès et de l'éducation vivante et du coin. Si des gens comme Yousafzia se multipliaient, les Talibans n'auraient plus d'avenir.»

Non seulement à cause de ce qu'elle représente, mais aussi parce que de nombreuses études suggèrent que l'éducation des filles est la meilleure solution pour les pays qui souffrent de pauvreté, d'instabilité, d'inégalité, «ou, autrement dit, les conditions mêmes qui permettent à un groupe comme les Talibans de prospérer».

Le gouvernement a offert une récompense de 10.000 roupies à quiconque donnerait des informations menant à l'arrestation du tireur. D'après des médias pakistanais, la forte réaction des habitants du pays et de ses responsables pourraient permettre de combattre plus fortement les Talibans. Le directeur de Pakistan Radio, Murtaza Salangi, dit ainsi à la BBC:

«Je pense que ce moment est décisif parce qu'on n'avait jamais vu autant de sympathie et de soutien que pour cette jeune fille. Elle pourrait être une figure derrière laquelle s'unir pour les gens qui pensent que l'extrémisme et le terrorisme est le plus gros challenge de ce pays.»

Pour lui, le mouvement dépasse les «élites éduquées» et touche toutes les parties du pays. Chez Geo, la plus grande chaîne d'info du pays, on compare la vidéo de Malala évanouie emmenée dans un hélicoptère à une vidéo de 2009, où l'on voyait une femme de la région de Swat (celle de la jeune fille) battue par les Talibans, qui avait horrifié le pays:

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«Les militaires ont gagné leur campagne contre les Talibans en 2009 parce que toute la nation les soutenait après avoir vu [cette vidéo].»

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