Un Rothko vandalisé: un acte de Yellowism

Toile de Rothko vandalisée, photo par Tim Wright, via Twitter

Un visiteur russe a vandalisé une toile de Mark Rothko à la Tate Modern Gallery, à Londres dimanche après-midi, sous le regard des visiteurs présents. Dans le coin inférieur droit de l’œuvre –une des toiles de la série Seagram du peintre américain– il a peint quelques mots à l’encre noire.

«Ce type s'est avancé tranquillement, a sorti un marqueur, et il a fait une marque sur la toile», raconte Tim Wright, un visiteur de la Tate témoin de l’incident, sur Twitter. «C’est très bizarre, il était resté assis là un bon moment, puis il s'est simplement lancé, et il s'est vite esquivé

Sur une photo de la toile postée par Tim Wright, le Guardian, qui rapporte l’affaire, déchiffre:

«Vladimir Umanets, a potential piece of yellowism

Soit en français: «Vladimir Umanets, une potentielle œuvre de yellowism.»

Sur Internet, on trouve le manifeste du Yellowism, qui se veut un mouvement (mené par deux personnes dont Vladimir Umanets), notamment décrit ainsi:

«Le Yellowism n'est pas de l'art ou de l'anti-art. Les exemples de Yellowism peuvent ressembler à des oeuvres d'art mais ne sont pas des oeuvres d'art. (...) Le contexte du Yellowism n'est rien d'autre que le Yellowism.»

Augmenter la valeur d'un Rothko

Le Guardian a joint Vladimir Umanets (prudent, le Guardian dit «un homme qui s’est présenté comme Vladimir Umanets») qui a reconnu être responsable de l’acte de vandalisme, commis pour «attirer l’attention sur ce qui se passe en ce moment dans le monde de l’art contemporain».

Umanets prétend aussi avoir augmenté la valeur de la toile. «Je pense que si quelqu’un restaure la toile [de Rothko] et en enlève ma signature, sa valeur baissera. Mais au bout de quelques années, elle augmentera plus haut encore qu’initialement, grâce à ce que j’ai fait», a-t-il expliqué en se comparant à Marcel Duchamp (laissant le spectateur imaginer un Rothko en urinoir, sympa).

«Je n’ai pas détruit la peinture, je n’ai rien volé. Il y a eu beaucoup d’actes semblables auparavant. Marcel Duchamp signait des choses qu’il n’avait pas réalisées lui-même, même Damien Hirst l’a fait.»

L'AFP rappelle que le Rothko vandalisé date de 1958, époque à laquelle les architectes de la toute nouvelle tour Seagram avaient commandé une série de tableaux au peintre, pour décorer les murs du restaurant Four Seasons au rez-de-chaussée du gratte-ciel, en plein Manhattan. «Mais Rothko, pour une raison qui reste toujours mystérieuse, avait finalement décidé d'annuler cette commande, avait restitué les sommes perçues et avait fait don, notamment à la Tate, des toiles déjà réalisées. Les œuvres offertes à ce musée étaient arrivées à Londres le 25 février 1970, le jour-même où l'artiste, alors âgé de 66 ans, s'est suicidé

Photo: Toile de Rothko vandalisée, photo par Tim Wright, via Twitter
Devenez fan sur , suivez-nous sur
 
LU SUR...
TOPICS
PARTAGER
LISIBILITÉ > taille de la police
À la une de Slate »
LU,VU&ENTENDU
Publié le 08/10/2012
Mis à jour le 08/10/2012 à 11h12