France

Selon Copé, certains enfants sont privés de pain au chocolat en période de Ramadan

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 06.10.2012 à 11 h 31

Jean-François Copé lors d'un meeting à Draguignan le 5 octobre 2012. Images I Télé

Jean-François Copé lors d'un meeting à Draguignan le 5 octobre 2012. Images I Télé

Lors d’un meeting à Draguignan (Var) vendredi 5 octobre, l'actuel secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé, en campagne pour la présidence du parti, a une nouvelle fois lâché un propos de nature à marquer son appartenance à la «droite décomplexée». Il s’agit cette fois du Ramadan, lors duquel dans certains quartiers, les enfants seraient privés de pain au chocolat.

«Il est des quartiers où je peux comprendre l'exaspération de certains de nos compatriotes, pères ou mères de famille rentrant du travail le soir, apprenant que leur fils s'est fait arracher son pain au chocolat à la sortie du collège par des voyous qui lui expliquent qu'on mange pas pendant le ramadan.»

«Il est des familles de France, a ajouté Copé, qui vivent en silence leur souffrance, et à qui personne ne parle jamais autrement qu’en les stigmatisant et en les traitant de tous les noms (…)»

Ces propos sont à rapprocher des bonnes feuilles du livre de Jean-François Copé, Manifeste pour une droite décomplexée, dans lequel il «brise un tabou» en évoquant l’existence d’«un racisme anti-blanc» que subiraient certains Français dans des quartiers parce «qu'ils n'ont pas la même religion, la même couleur de peau ou les mêmes origines».

Après avoir été accusé de reprendre un combat cher au Front national, Copé se rapproche une nouvelle fois, et une semaine après cette première polémique, du champ lexical du parti d’extrême droite en évoquant ces familles «qui vivent en silence leur souffrance», un électorat que vise explicitement le FN depuis ses origines.

Ces provocations de nature à lui assurer un monopole sur des sujets porteurs dans l'électorat des militants et sympathisants UMP font de «Jean-François Copé [...] le plus fidèle héritier de Nicolas Sarkozy en termes de méthodes de combat politique», comme l'a expliqué Thomas Guénolé sur Slate.fr à propos du racisme anti-blanc.

Des sorties médiatiques à comparer aux tabous brisés en son temps par l'ancien président de la République sur les «racailles» et le rapprochement entre insécurité et immigration. Autant de thèmes qui avaient assuré à Nicolas Sarkozy, en 2007, une hégémonie sur des sujets polémiques jusque-là accaparés par le FN...

Dans sa lutte qui l'oppose à François Fillon pour la présidence du parti d'opposition, Jean-François Copé s'impose par petites touches et à force de sorties sur des sujets clivants, comme le plus droitier des deux. Il avait déjà marqué sa différence lors des cantonales et des législatives, se faisant le porte-parole d'un «ni-ni» qui consistait, contrairement à la ligne jusque-là privilégiée par la droite républicaine, à ne pas appeler à voter pour un candidat de gauche si celui-ci était face à un candidat du FN, ni à se désister en sa faveur en cas de triangulaire.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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