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Les secrets nucléaires du cameraman d'Ahmadinejad

Temps de lecture : 2 min

Vue par satellite de l'emplacement d'une usine secrète iranienne d'enrichissement d'uranium. Reuters
Vue par satellite de l'emplacement d'une usine secrète iranienne d'enrichissement d'uranium. Reuters

La guerre secrète autour du programme nucléaire iranien est digne de la guerre froide, à l'image de son dernier épisode: la défection spectaculaire lors de l'Assemblée générale des Nations Unies de Hassan Golkhanban, le cameraman officiel de la délégation du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Il n'est tout simplement pas réapparu le 27 septembre à l'hôtel Warwick de New York quand la délégation iranienne forte de 140 personnes devait faire ses bagages pour retourner à Téhéran.

Le 1er octobre, un avocat représentant Hassan Gol Khanban a confirmé à New York qu'il venait de déposer une demande d'asile politique. C'était la deuxième visite aux Etats-Unis de Hassan Golkhaban. Lors de la première, en 2011, les services de renseignement américains étaient entrés en contact avec lui pour lui faire une offre qu'il n'a manifestement pas refusé.

A croire les informations qui commencent à filtrer, Hassan Golkhanban n'était pas un simple cameraman de l'agence de presse officielle Irna. Il était au fait de bon nombre de secrets du régime et notamment aurait filmé pendant des années les visites et les conférences de nombreux dignitaires du régime dans les lieux nucléaires les plus protégés du pays que pour la première fois la CIA a pu ainsi voir de l'intérieur…

Car le transfuge aurait emmené dans ses bagages deux valises d'enregistrements vidéo et sonores comportant des images du complexe nucléaire de Natanz, de l'usine sous-terraine d'enrichissement d'uranium de Fordo et du réacteur nucléaire de recherche Amir-Abad de Téhéran. Certaines vidéos montrent des chefs des Gardiens de la Révolution et des ingénieurs expliquant en détail au président Ahmadinejad et au suprême leader Ali Khamenei, le fonctionnement des équipements et l'avancée du programme clandestin.

Preuve supplémentaire que l'opération de défection était préméditée, la famille du cameraman, sa femme et ses deux enfants, avaient quitté l'Iran en septembre pour aller en Turquie et seraient aujourd'hui sous la protection du gouvernement des Etats-Unis tout comme Hassan Golkhaban dont le lieu de résidence est secret.

Illustration de l'importance de cette défection,Téhéran a d'abord nié la réalité de la défection et depuis ne fait plus aucun commentaire. «L'information concernant l'asile politique de Golkhanban relève plus d'une manipulation des médias étrangers que de la réalité», a écrit l'agence officielle Irna fin septembre. Elle affirmait alors que Golkhanban allait revenir en Iran le 3 octobre...

Dernière information troublante, le président de l'agence Irna où travaillait Hassan Gol Khanban, Ali Akbar Javanfekr, qui était le bras droit en matière de communication de Mahmoud Ahmadinejad, a été arrêté en Iran le 26 septembre.

Slate.fr

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