Economie

«Gangnam style» à la bourse coréenne

Jamal El Hassani, mis à jour le 05.10.2012 à 9 h 59

PSY - GANGNAM STYLE /Yonghokim via FlickrCC License by

PSY - GANGNAM STYLE /Yonghokim via FlickrCC License by

Si ce n'est pas bon pour les oreilles, c'est bon pour le business. En Corée du sud au moins. Le tube planétaire «Gangnam Style» de PSY a ainsi dopé le prix des actions de l’entreprise de son père, une société spécialisée dans les semi-conducteurs.

Ce phénomène n'est pas isolé, relate un correspondant de The Economist en Corée du Sud: cela s’appelle les «actions à thème». Les Coréens investissent dans une société lorsqu’un lien est établi entre cette société et une personnalité ou une famille en vue. L'hebdomadaire britannique donne l’exemple de l’entreprise Bolak, dont les cours ont connu en 2009 «un bond de 2.000 à 9.000 wons (de 1 à 6 euros) après que la fille du propriétaire se soit mariée avec un membre de la famille qui dirige LG. Les effets furent de courte durée: les actions de Bolak se situent maintenant autour d’un montant plus rationnel de 3.100 wons (2 euros)».

L’élection présidentielle qui se tiendra en décembre a favorisé l’apparition d’actions à thème politique cette année. «A la suite de l’émergence d’Ahn Chul-soo comme homme politique majeur il y a un an, l’action de son entreprise Ahnlab est passée de 20.000 wons (13 euros) à un pic de 167.200 wons (115 euros). Depuis qu’il s’est déclaré candidat, Ahnlab s’est écroulée: l’action vaut maintenant 82.000 wons (56 euros).»

Le site coréen Donga explique qu’investir dans le marché des actions à thème n’est pas rentable et mène la plupart du temps à des pertes. Pour Donga c’est la «léthargie» du marché classique des actions cette année qui a poussé les actions à thème. «Beaucoup d’investisseurs individuels qui se jettent sur les actions à thème sont tout à fait conscients du caractère infondé de la rentabilité de ces actions, mais ils se lancent quand même, croyant être plus habiles que les autres.»

Ces investisseurs individuels, que les professionnels appellent des «fourmis» selon The Economist, achètent de larges parts, pensant ainsi pouvoir faire au moins de petits profits s’ils arrivent à suivre les cours des actions assez rapidement.  Ils deviennent alors la cible d’arnaques, explique Donga:

«Des fraudeurs font monter le prix des actions en propageant des rumeurs et en leurrant les investisseurs individuels. Quand les prix sont assez élevés grâce aux investisseurs individuels, les filous vendent leurs actions et disparaissent.»

Grâce à cette combine, raconte The Economist, un escroc aurait fait grimper le cours de l’action d'une entreprise de prêt-à-porter, Daehyun, et empoché 1,1 milliard de wons (760.000 euros) l’été dernier. L’individu aurait diffusé sur Internet une photo du candidat à la présidentielle Moon Jae-in en compagnie d’un homme ressemblant au PDG de la compagnie. Le cours des actions chuta après le démenti du patron Daehyun, rapporte Donga.

Jamal El Hassani
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