Monde

Vives tensions entre la Syrie et la Turquie

Pierrick de Morel, mis à jour le 04.10.2012 à 10 h 45

De la fumée s'élève après un tir de mortier syrien sur le village de Akcakale, au sud de la Turquie. REUTERS / Anadolu Agency

De la fumée s'élève après un tir de mortier syrien sur le village de Akcakale, au sud de la Turquie. REUTERS / Anadolu Agency

La tension est vive entre la Syrie et la Turquie. Mercredi 3 octobre, des tirs d’obus en provenance de la Syrie ont tué cinq civils turcs dans la ville frontalière d’Akçakale, située en face du poste-frontière syrien Tall al-Abyad. Cette région du nord de la Syrie a récemment été agitée par des combats entre les troupes proches du président Bachar el-Assad et les rebelles de l’armée syrienne (ASL).

Après cette agression, la BBC explique qu’Ankara a immédiatement répliqué en bombardant dans la nuit de mercredi à jeudi les positions de l’armée syrienne, faisant plusieurs victimes selon des activistes de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Citant une source de sécurité, l’AFP précisait jeudi matin que «les tirs d’artillerie ont repris à 3 heures GMT ce matin (jeudi)» (5 heures en France).

C’est la première fois qu’Ankara réplique militairement à une agression syrienne. En juin dernier, les deux pays avaient déjà connu un grave incident après la destruction d’un avion turc par la défense antiaérienne syrienne. Soutenu à l’époque par l’Otan et les Etats-Unis, Ankara avait renoncé à répliquer militairement, se contentant d’une riposte diplomatique, comme le rappelle Le Monde.

Immédiatement après l’attaque de mercredi soir, la Turquie s’est tournée vers le Conseil de sécurité des Nations unies pour lui demander de faire le nécessaire afin de mettre un terme à l’agression syrienne. Par ailleurs, le parlement turc se réunit ce jeudi matin pour débattre d’une autorisation qui permettrait au gouvernement de mener directement des opérations militaires en territoire syrien.

Le quotidien turc Hurriyet Daily News explique toutefois sur son site Internet que le pays ne devrait pas entrer en conflit avec son voisin syrien, s'appuyant sur un tweet de Ibrahim Kalin, conseiller du Premier ministre Tayyip Erdogan, qui explique que la Turquie «n'a aucun intérêt à déclarer la guerre à la Syrie»:

Les bombardements de la nuit dernière constituent un nouvel épisode dans les tensions qui agitent les relations diplomatiques entre les deux pays. Depuis le début de la guerre civile en Syrie en mars 2011, la Turquie coupé les ponts avec le président Bachar el-Assad en raison de la répression sanglante du mouvement de contestation anti-gouvernement. Autrefois alliés, Turcs et Syriens ont même retiré leurs diplomates respectifs à Damas et à Ankara. Le gouvernement turc, qui a pris fait et cause pour les rebelles, accueille également de nombreux réfugiés syriens, puisque près de 100.000 Syriens y ont trouvé refuge, selon l’AFP.

Pierrick de Morel
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