Monde

Le coût humain d'une intervention en Iran serait équivalent à la catastrophe de Tchernobyl

Laure Beaulieu, mis à jour le 04.10.2012 à 11 h 01

Capture d'écran du discours de Benjamin Netanyahou à l'Assemblée générale de l'Onu le 27 septembre 2012

Capture d'écran du discours de Benjamin Netanyahou à l'Assemblée générale de l'Onu le 27 septembre 2012

Le 27 septembre 2012, Benjamin Nétanyahou a montré une bombe sur le point d'exploser pour signifier l'urgence d'agir face au développement du programme nucléaire iranien. Israël aimerait ainsi obliger les Etats-Unis à intervenir en Iran, car elle craint une attaque iranienne sur son territoire.

«L’argument matraqué en permanence consiste à prétendre que si l’Iran obtient des armes nucléaires, la situation dans la région sera totalement modifiée, pas seulement pour l’Etat juif mais aussi pour tous les pays modérés», expliquait mi-août sur Slate.fr Jacques Benillouche.

«Selon des “fuites” en provenance des services de sécurité, (...) [Téhéran] pourrait constituer, sous deux mois, un stock de 250 kilos enrichi à 20%, de quoi construire jusqu’à quatre bombes nucléaires d’ici 2013», poursuivait le journaliste Jacques Benillouche.

Une étude de l'institut de politique de l'université de l'Utah et de l'ONG Omid pour l'Iran, relayé dans un post du blog Persian Letters de Radio Free Europe Radio Liberty, donne une nouvelle perspective pour appréhender les conséquences d'une intervention en Iran.

Alors que les spécialistes ont largement évoqué les conséquences géopolitiques d'une intervention, les auteurs de l'étude se sont intéressés aux conséquences humanitaires possibles.

Une intervention occidentale sur les bases nucléaires iraniennes pourraient faire jusqu'à 70.000 victimes. Ces 70.000 personnes seraient tuées ou blessées à cause de l'exposition aux fumées toxique de fumées, «soit une catastrophe similaire à celle de la fuite de gaz à Bhopal ou de la fusion nucléaire à Tchernobyl», explique la journaliste Golnaz Esfandiari sur son blog Persian Letters.

En outre, l'ensemble des personnes employées sur ces sites mourraient.

«Selon nos estimations, le nombre de victimes d'un bombardement des quatre sites serait d'environ 5.000 personnes. Si le bombardement inclut plus de quatre sites, les victimes immédiates pourraient s'élever jusqu'à 10.000 personnes», explique l'auteur du rapport.

Les analystes occidentaux ne sont pas les seuls à ignorer le coût humain d'une intervention iranienne, explique la journaliste de Radio Free Europe Radio Liberty.

«Ce n'est pas un sujet de discussions en Iran, où les médias du pouvoir se focalisent en grande partie sur la façon dont le pays pourrait réagir en cas d'attaque.»

Laure Beaulieu
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