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Pourquoi Facebook nous rend-il méchant?

Pierrick de Morel, mis à jour le 03.10.2012 à 18 h 26

FACEBOOK(LET) Backside / GOIABA (Boiabaera) via Flickr CC, Licence By

FACEBOOK(LET) Backside / GOIABA (Boiabaera) via Flickr CC, Licence By

Pourquoi sommes-nous si méchants sur Internet? Pourquoi osons-nous écrire sur les réseaux sociaux des choses que nous n’oserions jamais dire aux gens dans la vraie vie?

C’est la question que s'est posée Elizabeth Bernstein sur le site du Wall Street Journal, en prenant l’exemple d’une utilisatrice de Facebook ayant perdu un ami à la suite d’un article qu’elle avait posté sur son profil personnel.

Au début de l'année 2011, Jennifer Bristol publie sur son profil Facebook un article de journal qui explique que les pitt-bulls sont les chiens les plus dangereux de New York, ce qui suscite de nombreuses réactions sur le mur. Un de ces amis d’enfance, médecin urgentiste, explique ainsi qu’en 15 ans de carrière, il n’a pas encore vu de patient blessé par un golden retriever.

Cette simple explication déclenche alors un torrent de commentaires de la part des autres contacts de la quadragénaire new-yorkaise. Certains demandent au médecin des preuves de ce qu’il avance, d’autres lui suggèrent de sortir de ses urgences pour aller voir ce qui se passe dans la vraie vie... Le lendemain matin, le médecin en question s’est ôté de la liste des amis de Jennifer, qui n’a plus eu de nouvelles de lui depuis huit mois.

Pour Elizabeth Bernstein, cette méchanceté sur internet s’explique avant tout par l’impression de force procurée par l’anonymat sur certains réseaux sociaux, ou par la sensation de sécurité et d'invincibilité créée par nos écrans d'ordinateurs dans le cas de Facebook . Des faits confirmés par plusieurs études menées aux Etats-Unis sur ce sujet.

En mai dernier, le Guardian expliquait ainsi que des chercheurs de l’université de l’Illinois avaient montré que Facebook développait deux tendances narcissiques fortes chez certains de ses utilisateurs, à savoir de fortes tendances exhibitionnistes et «une tendance à manquer de respect lié à un désir de manipuler et de prendre l'avantage sur les autres».

Le WSJ cite quant à lui les travaux de professeurs de l’université de Columbia et de Pittsburgh, et qui ont montré que naviguer sur Facebook entraînait une baisse de notre contrôle de nous-mêmes, tandis que l’image positive et les encouragements que nous tirons des «likes» récoltés en ligne dopent notre estime de nous-mêmes. Pour le docteur Sherry Turkle, psychologue et professeur à la Massachussetts Institute of Technology (MIT), le problème vient du concept même de Facebook:

«Facebook nous promet un profil et un endroit où nous allons nous faire des amis. Si vous y récoltez de la méchanceté, vous n’y êtes pas préparé. Vous vous sentez doublement attaqué, et donc vous répliquez.»

L’article précise que les responsables de Facebook n’ont pas souhaité commenter les conclusions de ces études.

Pierrick de Morel
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