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Il n'y a pas eu de bug Facebook selon la Cnil

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 02.10.2012 à 18 h 55

Un logo de Facebook à travers une loupe à Berne le 19 mai 2012, REUTERS/Thomas Hodel

Un logo de Facebook à travers une loupe à Berne le 19 mai 2012, REUTERS/Thomas Hodel

Facebook n'a pas dévoilé publiquement des messages précédemment privés: «c'est la conclusion de l'enquête de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) réclamée par le gouvernement après des annonces de "bug" sur le réseau social», explique le NouvelObs.com ce mardi.

«Il ressort des analyses menées par la Cnil que les messages incriminés par de nombreux utilisateurs de Facebook semblent être exclusivement des messages de “murs à murs” et non des messages envoyés par l'intermédiaire de la “messagerie privée” de Facebook, explique la Commission», selon le NouvelObs. «"Pour autant, le caractère privé du contenu de certaines des communications révélées semble indiscutable. En d'autres termes, les utilisateurs avaient l'impression d'envoyer des messages privés lorsqu'ils utilisaient la messagerie mur-à-mur", note la Cnil qui rapporte des modifications de fonctionnement et d'ergonomie sur le réseau social.»

Pour expliquer comment de nombreux utilisateurs ont pu avoir l’impression de voir des messages privés publiés, la Cnil écrit que «la visibilité des messages "Wall-To-Wall" était beaucoup plus réduite» avant 2010 et que «Facebook modifié de manière unilatérale et récurrente les paramètres de confidentialité des données entre 2009 et 2010»

L’organisme ne dédouane donc pas entièrement le réseau social, et regrette comme elle l’a déjà fait par le passé les «changements réalisés à l'insu des utilisateurs», et appelle les réseaux sociaux à «une plus grande transparence vis-à-vis de leurs utilisateurs quant à l'usage de leurs données personnelles».

Depuis l’inquiétude suscitée, lundi 24 septembre, par un article du site du quotidienfrançais Métro soulignant que d’anciens messages envoyés dans des échanges privés sur Facebook avaient refait surface en devenant publics, il était devenu très difficile de déterminer si ce bug avait véritablement eu lieu ou non.

Le site Numerama expliquait ce lundi que l’on pouvait, avant même l'avis de la Cnil, assurer avec quasi-certitude qu’il s’était bien agi d’une erreur d’interprétation des utilisateurs:

«La direction française de Facebook a publié dimanche un message dans lequel elle ré-insiste sur le fait que "les messages privés sur Facebook ne figurent pas sur votre journal", et dénonce "la rumeur qui ferait croire" l'inverse. Elle rappelle que "les encadrés indiquant que ‘des amis ont publié sur votre journal’, qui apparaissent dans les premières années de votre journal, comprennent uniquement du contenu que vos amis ont publié sur votre mur avant le journal, pour que vous et vos amis puissiez les lire".»

Désormais, ajoutait Numerama, la page d’aide répertoriant les «mythes fréquents concernant Facebook» inclut d’ailleurs ce bug. «Est-ce que mes messages privés apparaissent sur mon journal?», peut-on lire dans la FAQ. «Non», répond Facebook, «vos messages privés n’apparaissent que dans votre boîte de réception». 

Dès le mardi suivant les inquiétudes sur le «bug», la plupart des sites s’étaient rétractés, se refusant à affirmer l’existence du bug en l’absence de preuve irréfutable, raconte Rezonances, un blog du Monde.fr.

L’article explique que le site a fait face aux critiques de «nombreux lecteurs» pour «avoir crié au loup trop vite, cédé une nouvelle fois "aux ravages du journalisme préventif", et participé au processus d’hallucination collective face à un Facebook "innocent"».

Slate évoquait une «hallucination collective» au lendemain de ce lundi noir pour Facebook :

«La peur du leak des messages privés est une angoisse moderne typique: quel utilisateur de Twitter n'a pas eu un moment de panique en croyant avoir mis en public un DM (message privé)? Eric Besson et de nombreuses autres personnalités s'y sont fait prendre. Sur MySpace, une légende noire rapportait qu'il existait un outil permettant de voir qui avait visité son profil, rendant donc public une activité privée. La même rumeur avait rejailli sur Facebook, créant là encore un mouvement de panique.»

La leçon que Vincent Glad, sur Slate, invitait à retenir de cette histoire:

«Le mur Facebook est définitivement perçu comme un espace public. Ce n'est plus un espace privé comme nous le pensions au départ. Ressortez en 2012 les messages publics de 2009 et c'est soudain Wikileaks dans nos vies. Le 11-Septembre de la vie privée n'a sans doute pas eu lieu. Mais on en a rêvé très fort.»

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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