Life

Une horloge perpétuelle qui donnerait l’heure après la fin du monde

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 03.10.2012 à 18 h 32

Le cristal spatio-temporel (Lawrence Berkeley National Laboratory).

Le cristal spatio-temporel (Lawrence Berkeley National Laboratory).

Comment continuer à calculer l’heure qu’il est quand l’univers aura cessé d’exister? Vous ne vous étiez pas posé la question, mais l’équipe de physiciens dirigée par Xiang Zhang du Lawrence Berkeley National Laboratory en Californie vient de publier les plans de conception d'une horloge perpétuelle et spatio-temporelle dans la revue Physical Review Letters.

L’idée, détaillée sur le site Space.com, consiste à utiliser un objet qui, comme le cristal ou les flocons de neige, possède une structure d’atomes et de molécules répétitive en trois dimensions dans l’espace, mais d’y ajouter une quatrième: le temps.

Selon le site Life Little Mysteries, un cristal temporel est un objet physique dont les constituants bougent selon des schémas répétitifs. Mais au lieu de bouger dans l’espace, comme les aiguilles d’une montre qui effectuent une rotation de 360 degrés toutes les 12 heures, ce cristal-là peut aussi avancer dans le temps.

Pour le théoricien de la physique du MIT et prix Nobel 2004 Frank Wilczek, ces objets en 4 dimensions existent déjà dans la nature, et l’homme pourrait même les concevoir en laboratoire. Il a en tout cas prouvé mathématiquement dans un article récent la possibilité du cristal temporel. «Si la nature est gentille avec nous et est dotée d’un sens de l’humour, un cristal temporel pourrait apparaître quelque part», soutient-il dans une interview à Life Little Mysteries…

C’est en partant de cette théorie que les chercheurs ont détaillé la composition de leur horloge perpétuelle en 4 dimensions. Grâce à un champ électrique produit dans des ions chargés et capturés dans la structure, la loi de Coulomb permettrait de former une sorte d’anneau spatial qui tournerait à l’infini, et formerait un cristal spatio-temporel. L’énergie nécessaire serait alors minimale et la machine ne possèderait pas d'entropie. En d'autres termes, cette machine temporelle pourrait fonctionner perpétuellement.

Des prédictions annonçant la fin du monde pour la fin de l'année 2012, il serait bon que l'équipe de Berkeley expérimente son joujou avant la date fatidique. Restera la question, proprement métaphysique, de savoir à quoi peut bien servir une telle horloge s’il n’y a plus ni univers, ni être humain pour demander l’heure…

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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