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Un salarié européen sur dix a déjà pris un congé à cause d’une dépression

Temps de lecture : 2 min

Au seuil de l'éternité,Vincent van Gogh, Wikimedia.
Au seuil de l'éternité,Vincent van Gogh, Wikimedia.

L'Europe déprime. En tout cas, les salariés européens. C’est le résultat d’une étude Ipsos MORI à paraître en 2013 menée pour l’European Depression Association (EDA) sur un panel de 7.000 salariés de sept pays européens (Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Danemark, Turquie, Espagne et France).

D'après l'organisation «la dépression constitue le problème de santé mentale le plus important chez les personnes en âge de travailler et plus de 30 millions de citoyens européens souffrent de dépression à un moment de leur vie».

Une dépression a été diagnostiquée chez 20% des personnes interrogées, et un Européen sur dix a déjà pris des congés à cause de cette maladie.

Ces chiffres cachent de grandes disparités, puisqu'ils varient du simple au double entre les deux extrêmes que représentent le Royaume-Uni (26% de dépressifs diagnostiqués) et l’Italie (12%).

Parmi les dépressifs, ceux qui sont les plus enclins à prendre des congés sont les Allemands (61%) suivis des Danois (60%) et des Britanniques (58%).

Avouer sa dépression à son employeur n'est pas toujours aisé. Un quart des dépressifs interrogés ne l'ont pas dit à leur boss, ce qui fait écho à ce témoignage d'un employé d'une multinationale en 2009 pour Rue89. Il y disait avoir peur d’être perçu comme faible, d'avoir une image dégradée auprès des collègues, des perspectives de carrière réduites à néant parce qu'il serait toujours un dépressif aux yeux de la direction même après sa guérison.

Au-delà du bien-être des employés, le problème est également économique. Avec une moyenne de 36 jours de congés pris en moyenne par épisode dépressif, le manque à gagner est manifeste. Selon l'EDA, «le coût de la dépression était de 92 millions d’euros en 2010 dans l’Union européenne, avec une perte de productivité due à l'absentéisme (prise de congés) et au présentéisme (travailler en étant malade) représentant plus de 50% des coûts».

Quant aux solutions à apporter pour mieux traiter la dépression au travail, les managers sondés évoquent plus de services de conseil aux employés et de meilleures politiques gouvernementales en la matière.

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