France

Les soutiens de Copé et de Fillon aussi lepénistes les uns que les autres

Laure Beaulieu, mis à jour le 01.10.2012 à 14 h 18

En 2010. Regis Duvignau / Reuters

En 2010. Regis Duvignau / Reuters

L'économiste de l'université de Poitiers, Olivier Bouba-Olga, a cherché à répondre à la question suivante: «Les soutiens de Copé sont-ils plus lepénistes que les soutiens de Fillon?»

La réponse est non, il existe une différence minime sur cette question entre les deux candidats. Selon les résultats de Olivier Bouba-Olga, 19,3% des soutiens de François Fillon ont voté Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle en mai 2012. Les soutiens de Jean-François Copé ont eux voté à 19,4% pour la candidate du Front national au premier tour.

L'économiste explique sur quelle base il a travaillé:

«Je me suis doté d’une base qui me donne, pour chaque député UMP:

  • son sexe: homme ou femme
  • son soutien: Copé, Fillon ou autres
  • le pourcentage de vote Le Pen au premier tour des présidentielles 2012
  • le pourcentage de vote Sarkozy au premier tour des présidentielles 2012
  • la commission permanente de l’Assemblée Nationale dont il fait parti

A partir de là, j’ai fait des tests de comparaison de moyenne: est-ce que, en moyenne, le pourcentage de vote Le Pen au premier tour des présidentielles 2012 est significativement supérieur dans les circonscriptions des députés UMP qui soutiennent Copé?»

Le chercheur a utilisé les données mises en ligne par Le Monde, qui a recensé les soutiens aux deux candidats à la présidence de l'UMP parmi les parlementaires. Le journal conclut que 149 députés soutiennent François Fillon contre seulement 98 pour Jean-François Copé. 78 sénateurs soutiennent François Fillon et 28 sont du côté de Jean-François Copé.

Dans leurs discours et l'image qu'ils tentent de se donner, Jean-François Copé et François Fillon essayent de se différencier dans leur rapport à l'extrême droite. Jean-François Copé, dans son Manifeste pour une droite décomplexée, évoque la question du «racisme anti-blanc» et a appelé pendant l'entre-deux-tours des législatives au «ni-ni», ni Front national ni PS. François Fillon se pose lui en modéré et, s'il s'est dit «pas choqué» par les déclarations de son adversaire sur le «racisme anti-blanc», il refuse d'utiliser la même sémantique, proche de l'extrême droite dans son discours.

Marine Le Pen prendrait le parti de Fillon selon le Journal du Dimanche car «avec Fillon, [Marine Le Pen] estime que la tâche sera plus aisée car l’ancien Premier ministre n’épouse pas assez l’extrême-droitisation de l’électorat. Alors que Jean-François Copé fait de plus en plus du Le Pen», explique Politis.

Si dans le discours, les deux candidats veulent se différencier, les éditorialistes ont pointé le peu de différences dans le fond entre les deux candidats. Dans un article publié sur Slate.fr le 20 septembre, Eric Dupin s'interrogeait: «Copé est-il plus à droite?» et répondait à la question par la négative.

«Le député des beaux quartiers parisiens est peut-être plus profondément un homme de droite que le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne). Avant d’atterrir dans la capitale, Fillon a longtemps été un élu de la Sarthe, un département historiquement conservateur. L’ancien chef du gouvernement est avant tout un homme de cet Ouest intérieur de la France très ancré à droite. Lui-même est le fils d’un notaire originaire de Vendée. Au demeurant, les positions qu’il défend sur les questions de société ne sont pas différentes de celles de son rival. Copé est surtout plus opportuniste, capable de prendre des positions ultra-laïques après avoir professé, un temps, plus de tolérance...»

Dans le Télégramme de Brest, la journaliste Christine Clerc faisait la même observation le 24 septembre:

«François Fillon, le modéré, qui cultive son image d'ami de Philippe Séguin, le gaulliste social, s'entoure de deux élus niçois connus pour leurs propositions de loi sécuritaires: Éric Ciotti, un membre de la “droite populaire” dont il a fait son directeur de campagne et le “fidèle sarkozyste” Christian Estrosi.»

Ainsi, Fillon quoi qu'il veuille faire penser, n'est pas, selon ses éditorialistes, moins à droite que son rival et il est donc logique que son électorat se confonde, en termes d'affinités électorales, avec celui de son adversaire.

Laure Beaulieu
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