Les mères gardent une trace de l'ADN de leur fils dans le cerveau à vie

Pregnant Profil III / Mahalie via FlickrCC License by

Si les mères et leurs enfants conservent un lien spécial tout au long de leurs vies, les scientifiques ont découvert que les mères et leurs fils partagent bien plus: leur ADN.

Le magazine scientifique Pour La Science explique qu’il est fréquent que durant la grossesse, les cellules des femmes et celles de leur enfant passent d'un corps à de corps. Ce phénomène s’appelle le microchimérisme. Ainsi un chromosome Y serait présent dans le cerveau de certaines femmes ayant accouché d’un fils.

Dans le cas présent, il est probable que la barrière hémato-encéphalique soit la cause du changement d’ADN. Lors de la grossesse, elle devient plus perméable et pourrait ainsi laisser filtrer les cellules du foetus dans le cerveau des mères.

Medical News Today explique que les scientifiques ont souhaité savoir si ce phénomène était bénéfique ou nuisible pour les mères. Publiée dans la revue PLoS One et menée au centre de recherche contre le cancer de Fred Hutchinson, cette étude est importante car elle est la premiere de son genre à aborder le thème du microchimérisme masculin dans le cerveau des femmes.

Des scientifiques ont analysé les cerveaux de 59 femmes, décédées entre 32 ans et 101 ans. Près de deux tiers des femmes (37 sur 59) portaient des traces du chromosome Y dans plusieurs régions du cerveau. Un phénomème qui ne disparaît pas avec le temps, puisque la femme la plus âgée à détenir ce chromosome masculin avait 94 ans.  

Concernant leur état de santé, 26 n’avaient aucun trouble ou lésion au cerveau de leur vivant et 33 autres étaient atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont constaté que les femmes atteintes d'Alzheimer étaient moins susceptibles d'avoir un ADN masculin dans leur cerveau que les femmes sans trouble.

Live Science explique pourtant qu’il est difficile d’en tirer des conclusions exactes. Déjà parce que les chercheurs n’ont pu observer qu’une soixantaine de cas. Ensuite, des travaux antérieurs sur le phénomène de microchimérisme suggère que les cellules du foetus pourraient protéger contre le cancer du sein. D’autres au contraire assurent qu’elles pourraient augmenter le risque de cancer du côlon et aider à développer les maladies auto-immunes.

Cité par Science Live, le chercheur William Chan, immunologiste du Centre de recherche Fred Hutchinson à Seattle, explique qu’aucune conclusion ne peut être tirée pour le moment:

«A l'heure actuelle, on ignore si le microchimérisme dans le cerveau est bon ou mauvais pour la santé. Nous pensons qu'il est probable que le microchimérisme confère des avantages dans certains cas, mais dans d'autres situations peut contribuer au processus de maladie. D'autres études sont nécessaires.»

 

Photo: Pregnant Profil III / Mahalie via FlickrCC License by
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Publié le 28/09/2012
Mis à jour le 28/09/2012 à 17h34