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Angela Merkel a-t-elle menti au sujet d'un site de déchets?

Temps de lecture : 2 min

Angela Merkel, le 15 mai 2012. REUTERS/Tobias Schwarz
Angela Merkel, le 15 mai 2012. REUTERS/Tobias Schwarz

La chancelière allemande comparaissait ce vendredi matin face à la commission d'enquête du Bundestag, rapporte l'hebdomadaire Zeit, ce afin de s'expliquer au sujet du projet de centre d'enfouissement de déchets nucléaires de Gorleben, du nom d'un petit village de Basse-Saxe, dans le nord-est de l'Allemagne.

Contesté à la fois par les riverains, les militants écologistes et les partis de l'opposition avant même que les premiers travaux d'exploration du site aient commencé, ce centre de stockage en couche géologique profonde est resté à l'état de projet depuis les années 1970, un moratoire ayant même été mis en place entre 2000 et 2010, année où a repris l'exploration du dôme de sel qui se trouve dans les profondeurs du site, dans lequel pourraient être stockés de façon définitive des déchets nucléaires à vie longue.

Les Verts et le SPD, le parti socialiste allemand, soupçonnent Angela Merkel d'avoir favorisé le choix de Gorleben comme site de stockage au détriment d'autres sites dont la géologie était plus adaptée. Ute Vogt, représentante du SPD, lui reproche d'avoir voulu Gorleben «à tout prix», comme elle l'explique dans le quotidien Welt:

«En 1995 il y a eu une étude du Centre fédéral pour les sciences de la Terre et des matières premières dans laquelle d'autres sites ont été classés comme étant tout aussi dignes d'être explorés. Mais sa position, après la parution de l'étude, était: “Gorleben reste prioritaire”.»

La décision qui est reprochée à Merkel remonte à 1995, époque à laquelle elle était ministre de l'Ecologie du gouvernement Kohl, et où elle a donné son feu vert aux travaux d'exploration du site. Un choix que Merkel a déclaré ce vendredi matin avoir jugé à l'époque «juste, raisonnable et nécessaire». Tout en ajoutant avec une pointe de cynisme qu'elle n'était autrefois «pas aussi parfaite que maintenant».

La chancelière s'est également défendue d'être la responsable du choix de Gorleben, la décision ayant été prise selon elle des années avant son mandat de ministre:

«Mon devoir était de d'autoriser la poursuite de ces travaux d'exploration

Comme le rappelle l'hebdomadaire Stern, c'est la deuxième fois que Merkel doit s'expliquer face à la commission d'enquête du Bundestag: en février 2011, elle avait rejeté les reproches selon lesquels elle aurait dissimulé des informations sur les victimes civiles d'une attaque aérienne en Afghanistan à des fins électorales.

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