Culture

«Assassinate Assange»: une pièce de théâtre consacrée à Assange

Annabelle Georgen, mis à jour le 29.09.2012 à 11 h 29

Angela Richter et Julian Assange

Angela Richter et Julian Assange

Jusq'au 30 septembre à Hambourg se joue Assassinate Assange, une pièce de théâtre consacrée au charismatique et controversé leader de WikiLeaks, le cyberactiviste australien Julian Assange, célèbre pour avoir rendu publics des milliers de documents confidentiels de l'armée américaine, et toujours recherché par Interpol pour agression sexuelle.

C'est par «curiosité» que la dramaturge allemande Angela Richter, dont le travail s'inspire souvent de thèmes brûlants de l'actualité, a d'abord décidé de s'intéresser à la personnalité mystérieuse d'Assange, comme elle l'explique au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung:

«J'étais avant tout curieuse: quel genre de personne est-il? Je ne sais pas si je peux aujourd'hui répondre à cette question. Mais je peux toutefois donner mon ressenti personnel. Je peux dire une chose avec certitude sur sa personnalité: ce type est un Terminator. Il ne laissera jamais tomber et ne laissera aussi personne se mettre en travers de son chemin. Il ne baisse jamais les bras.»

Lors de ses recherches, Angela Richter tombe par hasard l'an dernier sur une enchère publiée sur e-Bay: pour renflouer les caisses de WikiLeaks, qui rencontre alors de graves difficultés financières, Julian Assange et le philosophe slovène Slavoj Zizek ont mis aux enchères un repas de midi en leur compagnie. Elle remporte la dernière place libre pour 1.600 euros, et rencontre Assange pour la première fois lors de ce drôle de déjeuner dans un hôtel londonien, en compagnie de huit autres convives. Ayant réussi à gagner sa confiance, elle le rencontrera quelques mois plus tard à l'ambassade équatorienne à Londres, où Assange a trouvé refuge depuis que l'Equateur a accepté sa demande d'asile.

«C'est beaucoup plus terrible que je l'imaginais. On doit descendre dans un long couloir, c'est la pièce qui est tout au fond. C'est très petit, environ 15 m2. Il n'y a pas de lumière du jour. Mais il a une connexion internet et se sent, je pense, relativement en sécurité. […] C'est une drôle de sensation; la police est vraiment partout. […] Ils sont devant chaque fenêtre, et on les entend parler dans leurs appareils. J'étais soulagée chaque fois que je sortais de là», explique Angela Richter au quotidien berlinois Tageszeitung.

Lors des huit entretiens qu'elle a menés avec le fondateur de WikiLeaks –certains ayant duré des nuits entières–, la metteuse en scène allemande a pu lui poser environ 300 questions, rapporte le quotidien Hamburger Abendblatt, auxquelles il a toutes répondu.

Bien qu'elle crie haut et fort avoir gardé une distance critique par rapport à «son» personnage, Angela Richter semble tout de même franchement rouler pour lui, que ce soit sur l'affiche du spectacle, où elle pose en groupie à ses côtés, ou bien en faisant imprimer des T-shirts à l'effigie d'Assange pour récolter des fonds pour WikiLeaks...

Annabelle Georgen
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Journaliste
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