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Ce que révèlent vos ongles

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 26.09.2012 à 15 h 45

Au Nouvel An Chinois, le 21 février 2010 à Sydney. REUTERS/Daniel Munoz

Au Nouvel An Chinois, le 21 février 2010 à Sydney. REUTERS/Daniel Munoz

Alors que viennent de se dérouler à Londres les Nailympics (ou Jeux onglympiques pourrait-on dire en français), le Guardian consacre un article à la tradition féminine qui consiste à se vernir les ongles et au nail art (ou peinture sur ongle). Etonnant, quand on y réfléchit. Comme si demain la mode suggérait de se vernir le nez ou les genoux. Mais récent surtout, explique le quotidien britannique:

«Angus Trumble, conservateur en chef des peintures et sculptures au Yale Centre for British Art, et auteur de The Finger: A Handbook, explique qu’au XIXe siècle, au sein des cultures européennes, "il y avait toutes sortes de médecines et poudres, de produits ayant pour but de faire reluire les ongles, de les rendre roses, frais, jeunes et doux, mais en réalité ils étaient surtout utilisés pour polir les chaussures”.»

A l’époque, poursuit le Guardian, les quelque femmes qui se coloraient les ongles le faisaient dans des teintes claires et sobres. Lorsque «dans les années 1920 des peintures développées pour les voitures et les avions commencèrent à être utilisées pour les ongles, beaucoup furent très surpris».

L’usage s’est pourtant répandu et aux Nailympics de Londres, on comptait cette année 452 concurrents, venus de 24 pays. Vice expliquait lors d’une édition précédente (aux Etats-Unis, les Jeux onglympiques sont une compétition internationale):

«Le jury y juge les Nailympiens sur la structure de l’ongle, sa forme, l’application du vernis, la douceur de la surface, le contrôle du produit, des cuticules, et plein d’autres trucs qu’il est probablement impossible de comprendre quand on est profane. Les résultats sont incommodes et beaux et un peu terrifiants.» (Ils avaient envoyé un photographe à la compét’).

«Le succès de cet événement reflète le succès hallucinant du nail art. Selon Euromonitor International, les ventes mondiales de venirs à ongle ont augmenté de 43% entre 2008 et 2011», souligne le Guardian, (contre 7% pour les produits labiaux par exemple).

Le fait de prendre soin de ses ongles en soi (sans les vernir) est plus ancien.

«Les membres de la dynastie Ming avaient des ongles d’une longueur incroyable», explique Aileen Ribeiro, auteure de Facing Beauty: Painted Women and Cosmetic Art. «Et bien sûr cela impliquait qu’ils ne pouvaient pratiquement pas travailler. Donc c’est vraiment une question de statut. L’appartenance à une classe de loisirs. Et de longs ongles envoient différents signaux. Ils allongent les doigts et pendant des siècles, les longs doigts fins étaient sources d’admiration» –et les mains ont été lontemps davantage mises en valeur, avec la pratique de l’éventement notamment.

Mais qu’ils soient très longs ou vernis, l’attention portée aux ongles par les femmes en surprend encore certains. Les détracteurs se demandent, d’après Aileen Ribeiro, «pourquoi, avec toutes ces libertés relativement nouvelles, le droit de vote, la possibilité de marcher sans être encombrées par des jupes ou enfermées dans des corsets, et ainsi de suite, pourquoi les femmes éprouvent-elles le besoin de porter tellement de maquillage et de vernis?»

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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