Monde

Et si c'était au sol qu'on risquait le plus en avion?

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 26.09.2012 à 14 h 21

Un avion de ligne Tom Purves via Flickr CC License by

Un avion de ligne Tom Purves via Flickr CC License by

Alors qu’on associe souvent les accidents d’avion à des collisions en vol ou à des crahs en phases de décollage ou d’atterrissage, les collisions entre avions ou impliquant un avion et un véhicule roulant sur les pistes d’aéroport représentent un danger important... Et peut-être supérieur aux autres, nous apprend le New York Times qui a enquêté sur la situation américaine.

En 1977, une collision au sol à l’aéroport de Tenerife aux Iles Canaries entre deux Boeing 747, l’un de la PanAm et l’autre de KLM, a causé la mort de 583 personnes. C’est l’accident le plus meurtrier de l’histoire de l’aviation... En 1991, un Boeing 737 de US Airways a percuté à l’atterrissage un autre avion qui s’apprêtait à décoller. Bilan: 34 morts.

Plus récemment, en avril 2011, un Airbus A380 d'Air France avait heurté au sol un Bombardier de Comair, une filiale de Delta Airlines, à l’aéroport JFK de New York. Sans faire de blessés.


New York : 2 avions entrent en collision... au sol par Zoomin_France

Le problème a pris de l’importance depuis que les autorités de régulation et l’industrie aéronautique ont fait des efforts significatifs pour réduire les autres risques de l’aviation, en particulier ceux qui surviennent en vol. Le New York Times rappelle:

«Ces dernières décennies, les avancées en matière de technologie de navigation aérienne ont par exemple réduit de manière drastique les collisions en vol et les crash sur des montagnes ou d’autres obstacles, deux principales causes d’accidents.»

Pour l’administration fédérale de l’aviation des Etats-Unis (FAA), le nombre d’accidents classés comme graves ­–lors desquels la collision est évitée de peu– sur les pistes d’aéroport a radicalement baissé: de 67 en 2000, il est passé à 12 en 2011. Mais l’inspecteur général du Département des transports a jugé dans un rapport que la méthode de comptabilité des accidents par la FAA laissait à désirer et pourrait être biaisée.

Selon le New York Times, les incidents lors desquels un avion ou un véhicule s'est engagé par erreur sur une piste d'aéroport sont au nombre de trois par jour depuis 2008.

Et de plus, «les risques au sol vont probablement augmenter avec l’expansion du trafic aérien dans les prochaines décennies», affirme James M. Burin, le directeur du programme technique de la fondation Flight Safety («sécurité aérienne»), une entreprise de conseil en aviation.

«La congestion va devenir un problème, et avec elle, le risque que des avions entrent en collision.»

«Les passagers, au nombre de 2,5 milliards par an aujourd'hui, seront 5 milliards d'ici 15 ans», rappelle de son côté La Presse dans un article consacré au sommet de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) qui s’est tenu à Montréal ce mois-ci.

Cette année, la FAA a étendu l’usage des radars ASDE-X, lesquels donnent aux contrôleurs aériens une image en temps réel de la position des avions au sol et les alertent lorsque survient un risque potentiel. Par ailleurs, l’aéroport de Los Angeles et quelques autres testent un système de lumières rouges qui s’allument automatiquement quand une piste d’atterrissage ou de service est utilisée, le Runway Status Flights.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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