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Les empreintes digitales ne sont pas assez fiables pour être considérées comme des preuves

Pauline Moullot, mis à jour le 24.09.2012 à 15 h 48

Points/Vince Alongi via FlickrCC License by

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La fiabilité des empreintes digitales est remise en cause. Le Pacific Standard consacre une longue enquête aux empreintes digitales: doivent-elles vraiment être reconnues comme preuves lors d’un procès?

Puisque deux traces digitales ne peuvent pas être complètement identiques, il est difficile d’accuser quelqu’un sur cette seule preuve. Jennifer Mnook, professeur à l’université de Californie de Los Angeles (UCLA), regrette que «ceux qui analysent les empreintes digitales témoignent en parlant de certitude absolue».

David Kay, de l’école de droit de l’université de Penn State indique quant à lui: «Il est temps que les criminalistes fournissent des témoignages plus défendables scientifiquement et plus acceptables légalement.»

Au Minnesota, des avocats remettent en cause les empreintes digitales analysées par un laboratoire criminel, rapporte la Minnesota Public Radio. Le laboratoire, dont les analyses de drogues se sont révélées absolument pas fiables, est accusé de réaliser des analyses peu fiables dans tous les domaines.

Des avocats ont annoncé qu’ils refuseraient de considérer comme des preuves toutes les empreintes digitales dont les résultats sont fournis par ce laboratoire.

Puisqu’il reste pour l’instant impossible de prouver qu’une empreinte digitale peut correspondre parfaitement à un individu en excluant toutes les autres possibilités, certains chercheurs demandent à ce que les juges expliquent aux jurés ce que signifie réellement le fait que des empreintes correspondent.

Intel Dror, de l’Institut de neurosciences cognitives de l’université de Londres, expliquait dans un autre article du Pacific Standard sur les condamnations d'innocents, que les déclarations des experts ont un impact psychologique sur les jurés.

«Si je suis prêt à dire “Oui, l’empreinte correspond à 100%”... ma conviction dans cette déclaration signifie plus pour le jury que mon CV, qui leur indiquerait en fait que je ne suis même pas un spécialiste des empreintes.»

Les empreintes de plus de 70 millions d’individus sont recensées dans la base de données du FBI, qui augmente tous les jours par milliers. Ce qui accroît les risques de correspondances accidentelles.

Le cas le plus probant est celui d’un habitant de l’Oregon, Brandon Mayfield. Le FBI avait affirmé que ses empreintes correspondaient à celles du terroriste qui avait posé les bombes dans le métro madrilène en 2004. Les autorités espagnoles avaient par la suite découvert que les empreintes appartenaient en fait à Ouhnane Daoud.

Pauline Moullot
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