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L'Allemagne veut juger Johann Breyer, ancien garde SS d'Auschwitz exilé aux Etats-Unis

Grégoire Fleurot, mis à jour le 24.09.2012 à 11 h 09

Auschwitz Gate / Roevin via Flickr CC License By

Auschwitz Gate / Roevin via Flickr CC License By

L’Allemagne a lancé une enquête pour crime de guerre contre un homme de 87 ans soupçonné d’avoir été un garde SS au camp d’extermination d’Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale, rapporte Associated Press (AP).

Johann Breyer, un outilleur à la retraite habitant à Philadelphie, a avoué qu’il était un garde à Auschwitz pendant la guerre mais a assuré lors d’une interview avec AP qu’il était en poste en dehors du complexe et qu’il n’avait rien à voir avec le massacre des 1,5 million de personnes qui y sont mortes:

«Je n’ai tué personne, je n’ai violé personne, je n’ai même pas de PV ici. Je n’ai rien fait de mal.»

Il affirme qu’il était au courant de ce qui se passait à l’intérieur du camp mais qu’il n’en a pas été le témoin. «Nous ne pouvions que voir l’extérieur, les portes», explique-t-il.

Le département de la Justice américain essaye depuis de nombreuses années de lui retirer la nationalité américaine et de l'extrader. Dès 1994, une action en justice avait été engagée pour tenter de prouver qu’il avait menti sur son passé lors de son arrivée aux Etats-Unis en 1952. Mais en 2003, la justice américaine a jugé qu’il avait le droit de rester aux Etats-Unis, notamment parce qu’il était mineur au moment où il a rejoint les Waffen SS, et donc pas légalement responsable.

Le bureau allemand spécialisé dans les enquêtes sur les crimes de guerre nazis a recommandé au procureur de le poursuivre pour complicité de meurtre et de l’extrader vers l’Allemagne pour un procès pour sa possible implication dans le meurtre d’au moins 344.000 juifs dans le camp d’Auschwitz-Birkenau en Pologne occupée. Les autorités de la ville de Weiden, en Bavière, essayent actuellement de déterminer s’il y a assez de preuves pour un procès.

Les autorités allemandes veulent utiliser les mêmes bases légales que lors des poursuites contre John Demjanjuk, un autre Américain mort en mars alors qu’il faisait appel contre sa condamnation en Allemagne pour avoir été un garde dans le camp de Sobibor, également en Pologne occupée.

Demjanjuk étant mort avant que son appel arrive à son terme, sa condamnation n’a pas été reconnue comme légalement contraignante. Mais les procureurs allemands estiment qu’ils peuvent tout de même utiliser les mêmes arguments légaux pour attaquer Breyer.

Grégoire Fleurot
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