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Le dernier repas des condamnés à mort américains est hypercalorique

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le couloir de la mort de la prison de San Quentin (Californie), en 2004. REUTERS/Clay McLachlan.
le couloir de la mort de la prison de San Quentin (Californie), en 2004. REUTERS/Clay McLachlan.

Le dernier repas des condamnés à mort américains est hypercalorique et plein de nourritures réconfortantes: telle est la conclusion d’une étude à paraître dans le numéro de décembre de la revue Appetite, menée par trois chercheurs de l’université de Cornell, Brian Wansink, Kevin M. Kniffin et Mitsuru Shimizu, et relayée notamment par les blogs Freakonomics et Counterparties.

Ses auteurs y analysent le contenu de 193 derniers repas commandés par des condamnés à mort entre 2002 et 2006. Conclusion: le nombre moyen de calories est de 2.756, alors que le niveau quotidien recommandé pour un adulte entre 30 et 40 ans est de 2.200 à 2.400, et les fruits et légumes sont largement négligés au profit des graisses et des sucres.

«Par exemple, un condamné a demandé douze morceaux de poulet frit, deux petits pains ronds avec du beurre, deux sodas, 50 cl de glace à la fraise, 50 cl de glace à la vanille et de la purée de pommes de terre avec de la sauce brune», écrivent les auteurs.

83,9% des condamnés ont demandé de la viande ou du poisson (la viande la plus demandée était le poulet, suivie d’un hamburger, d’un steak, de porc ou de bacon et enfin de poisson), 67,9% de la friture (notamment des frites) et 66,3% un dessert. Les auteurs notent aussi avec surprise que trois personnes ont demandé du Coca… light.

Les chercheurs relient cette «surconsommation» au comportement alimentaire plus général des humains quand ils sont placés dans une situation de stress, citant des exemples aussi différents que les New-Yorkais après le 11-Septembre ou les étudiants loin de leurs parents. «A certains égards, cela pourrait être une façon d'abaisser le niveau de stress et d'angoisse à quelque chose d'un petit peu plus gérable», expliquait fin août Brian Wansink à l’agence américaine Sipa.

Les trois chercheurs reconnaissent cependant que leur étude laisse dans l’ombre plusieurs points: ils n’ont pas pu consulter le régime alimentaire habituel des condamnés en question, et n’ont pu prendre connaissance que de ce qu’ils ont commandé pour leur dernier repas, pas de ce qu’ils ont vraiment consommé.

En août 2009, nous expliquions dans un article que les condamnés pouvaient commander ce qu’ils voulaient pour leur dernier repas, mais que les services pénitentiaires des Etats faisaient ensuite preuve de plus ou moins de souplesse pour répondre à ces demandes, en fonction de leur montant et de la disponibilité des aliments.

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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