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Allemagne: les mauvais payeurs n'iront pas au paradis

Temps de lecture : 2 min

Le Berliner Dom de Berlin le 4 avril 2007. REUTERS/Pawel Kopczynski
Le Berliner Dom de Berlin le 4 avril 2007. REUTERS/Pawel Kopczynski

Qui fait partie de l'Église et qui n'en fait pas partie? Après des mois de débats houleux pour trouver une réponse commune à cette question fondamentale, les évêques allemands ont rendu leur verdict: les catholiques allemands qui ne payent pas le Kirchensteuer, l'impôt religieux, seront désormais considérés dans les faits comme s'ils étaient excommuniés, rapporte le quotidien allemand Die Welt. Ce décret religieux unique en son genre, qui a reçu la bénédiction du pape, entrera en vigueur à partir du 24 septembre prochain.

La Conférence des évêques allemands dans le décret, citée par le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung, a déclaré:

«Celui qui déclare aux autorités civiles compétentes son retrait de l'Église pour quelque raison que ce soit déroge ainsi au devoir de servir l'Église […], ainsi qu'au devoir d'apporter sa contribution financière afin de permettre à l'Église d'accomplir ses devoirs»

En Allemagne, comme c'est le cas en Alsace par exemple, les prêtres catholiques et protestants ont un statut de fonctionnaires, dans le sens où ils sont rémunérés par l'État. Outre-rhin, l’Etat prélève un impôt chez les croyants, une taxe mise en place au XIXème siècle.

À partir de la semaine prochaine, les Allemands qui ne s'acquittent pas de leur impôt n'auront donc plus le droit de recevoir la communion, d'être confirmés, de se confesser, ou encore d'être le parrain d'un enfant lors de son baptême. Comme le note le Welt:

«Les catholiques qui préfèrent payer moins d'impôts, mais qui ne veulent pas pour autant renoncer à la musique d'orgue pendant leur mariage ou à l'encens lors de leur enterrement, vont être obligés de trancher, ils doivent se rendre des comptes à eux-mêmes et décider s’ils veulent et peuvent vraiment renoncer totalement à une existence chrétienne. Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non', comme il est dit dans la Bible.»

Si l'Église catholique allemande veut s'assurer de la ferveur et de l'engagement de ses membres avec ce décret, il pourrait bien se retourner contre elle, met en garde le Welt :

«Les évêques doivent être conscients qu'ils prennent un grand risque. Le risque de passer pour impitoyables et rigides, donneurs de leçons et cupides. Ils augmentent également ainsi le danger que les indécis et ceux qui sont déjà sortis de l'Église lui tournent définitivement le dos.»

Comme le rappelle le Süddeutsche Zeitung, cette prise de position de l'Église catholique allemande a été déclenchée par les déclarations d'un canoniste de Fribourg, Hartmut Zapp, qui avait fait savoir en 2007 qu'il ne payait plus l'impôt religieux bien qu'il soit toujours croyant. L'archevêché de Fribourg avait alors porté plainte. Hartmut Zapp comparaîtra devant le Tribunal administratif fédéral le 26 septembre prochain à Leipzig.

Annabelle Georgen Journaliste

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