France

Entre l’argent et le (retour au) pouvoir, le cœur de Sarkozy balance

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 21.09.2012 à 11 h 49

Nicolas Sarkozy. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Nicolas Sarkozy. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

C'est le grand absent dont tout le monde parle. Alors que François Hollande a quasi-rompu avec la stratégie d’omniprésence médiatique, que la bataille entre François Fillon et Jean-François Copé pour accéder à droite à la tête de l’UMP, cette rampe de lancement pour 2017, ennuie tout le monde et se déroule sans véritable enjeu doctrinaire, Nicolas Sarkozy reste le personnage le plus vendeur du cirque politique hexagonal.

C'est sans doute pourquoi la presse annonce si régulièrement sa résurrection future. Coincés entre nostalgie, masochisme et cure de désintox, les médias scrutent le moindre geste, la moindre parole de l’ancien président pour annoncer un possible retour en 2017.

Ainsi, l’enquête de Raphaëlle Bacqué et Françoise Fressoz dans M, le magazine du Monde du 20 septembre, intitulée «Les Sarkozy, La vie d’après», débute par la révélation d’un indice décisif:

«Chaque fois qu'il entend relancer sa carrière, l'anglais –ce handicap qu'il traîne depuis les années lycée– est sa première bataille.»

Or Nicolas Sarkozy a repris les cours, s’astreignant à trois séances par semaine et amusant les visiteurs people de la maison de Carla au Cap Nègre qui l’ont entendu s’exercer tout l’été!

Un conférencier de luxe

Le Point explique par ailleurs comment l’ancien président occupe son temps. Dans ses bureaux du huitième parisien –300 mètres carrés, «rien de "bling-bling" ou de pompeux», nous précise-t-on– notre prophète national en disponibilité reçoit à tour de bras, quand il ne lit pas les notes politiques, économiques et sociales que lui envoient ses anciens conseillers de l’Elysée.

Côté vie pro et job alimentaire, Sarkozy penche pour un poste de conférencier free-lance, l’activité de pré-retraite favorite des anciens présidents et chefs de gouvernement anglosaxons. «Rien qu'avec des conférences, on peut vivre très bien!», a expliqué Nicolas Sarkozy tout l'été à ses amis, souligne Le Monde. Nous voilà rassurés.

Selon Europe 1, il donnera en octobre sa première conférence, à New York, devant un parterre de décideurs du monde entier. Selon le Canard Enchaîné, la banque Morgan Stanley avait déjà proposé à l’ancien président 250.000 euros pour 45 minutes de conférence, photos comprises…

«Un tigre ne devient pas végétarien»

Mais Sarko a beau recevoir des propositions alléchantes à la hauteur de son prestige d’ancien chef d’Etat et vouloir en profiter pour gagner de l’argent, le virus du pouvoir ne l’a pas totalement quitté. «Est-ce que vous avez déjà vu un tigre devenir végétarien?», aurait demandé le conseiller officieux Patrick Buisson, selon Le Point, à Brice Hortefeux à propos de l’intéressé.

Pour le moment, l’avenir reste flou pour Nicolas Sarkozy, faute de disposer d’une boule de cristal. Mais il y a toujours les sondages. Et pour l’instant, les sympathisants de droite sondés donnent un net avantage à l’ancien chef pour mener la bataille de l’alternance en 2017. Le Point expose le scénario de retour en trois temps, élaboré –fantasmé?– par les conseillers. En résumé:

Tout d’abord, la gauche se plante aux élections intermédiaires de 2014. L’UMP, sans projet, ne récolte pas de vague bleue pour autant… Fillon, qui a remporté d’une courte majorité la présidence de l’UMP au détriment de Copé, est contesté par ce dernier. C’est dans ce paysage éclaté que Marine Le Pen double, dans les intentions de vote, les potentiels candidats UMP pour la présidentielle de 2017. Mais à sondage, sondage et demi. Et là, divine surprise, c’est l’ancien président qui apparaît comme le mieux à même de rassembler son camp… Et de passer devant Marine Le Pen.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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