France

La corrida: une exception culturelle constitutionnelle

Temps de lecture : 2 min

Francisco Rivera «Paquirri» dans l'arène, le 8 septembre 2012 en Espagne. REUTERS/Jon Nazca
Francisco Rivera «Paquirri» dans l'arène, le 8 septembre 2012 en Espagne. REUTERS/Jon Nazca

Organiser des corridas dans certaines régions françaises n'est pas contraire à la Constitution française, a jugé vendredi le Conseil constitutionnel, annonce l'AFP. Il a ainsi rejeté le recours d'associations militant contre la tauromachie et qui espéraient la voir bannie par une décision de justice.

Interpellant le Conseil constitutionnel sur des «différences de traitement» entre les régions à tradition tauromachique et les autres, les opposants de la corrida voulaient que les sanctions infligées pour cruauté envers les animaux s'appliquent partout, sans dérogations.

En France, la corrida est vieille de plus de 150 ans et originaire de Bayonne –qui l'avait importée d'Espagne. Elle s'est depuis fondue dans le paysage du sud, devenant une véritable spécificité culturelle, prisée d'un public très varié, comprenant notamment Jean Cocteau ou Picasso, comme le montre cette vidéo de l'INA:

Elle y génère aussi «des flux financiers importants», souligne Le Monde:

«Selon un groupe de députés qui souhaitaient en 2007 la mise en place d'une commission d'enquête sur "l'argent de la corrida", "une heure et demie de prestation des meilleurs toreros est facturée jusqu'à 100.000 euros, hors droits télévisuels". Les taureaux de combat se vendent quant à eux entre 9.000 et 18.000 euros. Des chiffres qui "laissent entrevoir l'échelle budgétaire des volumes financiers que représente la corrida et appellent à une réelle transparence qui n'existe pas aujourd'hui", plaidaient ces cinq députés.»

Pour les détracteurs de la corrida, ces enjeux ne sont rien face à la cruauté dont ils estiment victimes les bêtes dans l'arène.

Brigitte Bardot, qui préside une fondation pour la défense des animaux, ainsi qu'Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, ont par exemple appelé à «l'abolition de la torture animale», estimant que, «lorsqu'un acte de cruauté est avéré, lorsque des sévices graves entraînant la mort sont infligés volontairement à un être vivant, un être sensible, la règle doit s'appliquer à tous, de la même manière et avec la même sévérité».

A l'inverse, Francis Marmande, chroniqueur de corrida du Monde, écrivait dans une tribune jeudi:

«Les arènes sont un lieu d'exaltation, de socialité, de générosité, de croisement des classes sociales, des âges, un lieu de retrouvailles que je ne retrouve plus, c'est peu de le dire, au théâtre, à l'opéra, ni même dans les clubs de jazz. (...) Je suis attentivement le nouveau regard porté sur les animaux. Je n'ai rien à voir avec les traditions, la réaction, la cruauté. Mais j'ai à faire avec la vie, l'amour, la mort.

On m'a souvent demandé pourquoi j'aimais la corrida; jamais on ne demande pourquoi j'aime les nuages.»

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