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L’abus d’antalgiques nuit gravement à votre migraine

Ludivine Olives, mis à jour le 20.09.2012 à 16 h 04

D40_87937_nx3 / Zion Fiction via FlickCC License by

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Une étude devrait bouleverser le quotidien des personnes souvent atteintes de migraines et leur rapport aux médicaments.

The Telegraph souligne que les conseils médicaux évoluent selon l’époque ou la mode. Il est clairement établi qu'actuellement, en cas de maux de tête, il faut prendre des antalgiques pour faire passer la douleur: c’est la fonction première de ces médicaments qui cumulent les aspects pratiques. Non seulement ils sont faciles à se procurer –pas besoin d'ordonnance et les pharmacies ont des rayons entiers qui y sont dédiés–, mais ils sont également peu coûteux.

Autant de raisons d’en profiter et parfois même d’en abuser. Or ils ne seraient pas si inoffensifs que ça. S’ils sont pris pendant trop longtemps, ils peuvent provoquer les symptômes mêmes qu’ils sont destinés à soulager, c’est-à-dire des maux de tête. Le patient prend donc davantage d’analgésiques et s’enferme dans un cercle vicieux qui peut durer des années.

Selon un rapport de l'Institut national pour la santé et l'excellence clinique (NICE), une personne sur cinquante souffre de maux de tête continuels à cause «d’abus médicamenteux».

The Guardian explique que certaines personnes prennent des pilules de plus en plus souvent, jusqu'à deux semaines par mois. NICE a déclaré que si ce rythme de prise médicamenteuse excède les trois mois, l’antalgique finit par poser problème en créant une sorte «d’overdose».

Parmi les médicaments à risque, on note le paracétamol, l'aspirine et les anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) comme l'ibuprofène.

Alors comment faire pour sortir de ce cycle infernal?

La solution est plutôt... douloureuse. Selon Manjit Matharu, un neurologue de l’Hôpital national de neurologie et de neurochirurgie de Grande-Bretagne, les gens ont besoin d’arrêter les analgésiques brusquement. Cité par The Guardian, il explique qu'fait en sorte de rédiger des certificats médicaux pour ses patients pendant la période de «privation»:

«Pendant les deux ou trois premières semaines, ils sont susceptibles d'avoir un rebond sévère. Ils auront deux à trois semaines terribles. […] Ce que je fais est de m'assurer que toute personne qui passe par une privation et [qui], je sais, [fera face à] une quantité énorme de douleur n'ait pas ses responsabilités habituelles.»

Dans 80% des cas, après cette période douloureuse, les patients se sentent finalement beaucoup mieux.

Big Browser rapporte que selon la dernière étude épidémiologique sur le sujet, Framig 3, plus de 10 millions de Français souffrent de migraines. Pourtant une personne sur deux ignore son statut de migraineux.

Ludivine Olives
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