Culture

«Gangnam Style», le clip sud-coréen qui parodie les nouveaux riches

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 20.09.2012 à 15 h 26

Gangnam Style - Capture d'écran

Gangnam Style - Capture d'écran

«Je ne suis pas beau, je ne suis pas grand, je ne suis pas musclé, je ne suis pas mince… et pourtant je suis assis ici», a remarqué le chanteur pop sud-coréen PSY lors de son passage dans l’émission américaine Today, comme l’écrit le site The Big Story (AP) qui lui consacre un long article.

A 34 ans, PSY –de son vrai nom Park Jae-sang– est le premier Sud-coréen à réaliser un tel succès populaire aux Etats-Unis. Non seulement le clip de sa chanson Gangnam Style a été visionné plus de 221 millions de fois sur YouTube, mais il s’est offert le luxe d’apprendre sa chorégraphie à Britney Spears à la télé américaine. Une première dans l’histoire des relations américano-asiatiques! Même l’académie navale des Etats-Unis a parodié son clip dans un lip dub de toute beauté, peut-on lire –et voir– sur CB News.

Or si les paroles, chantées en coréen, restent mystérieuses hors de son pays, PSY propose à ses compatriotes une satire sociale qui est peut-être à l'origine de son succès. Car il y a, derrière le refrain entêtant, la chorégraphie stupide et l’humour du clip de cette chanson pensée pour faire danser les foules, une critique acerbe des nouveaux riches de Gangnam, le quartier huppé où vivent beaucoup d’entre eux.

La nouvelle richesse de ce quartier de Séoul, poursuit AP, a draîné les boutiques et les clubs les plus branchés, une prolifération de cliniques de chirurgie plastique mais aussi ce qui est considéré comme vital pour réussir dans la Corée du Sud d’aujourd’hui: des écoles privées et des classes préparatoires de prestige.

La chanson «explore la relation d’amour-haine entre Gangnam» et le reste du pays selon Baak Eun-seok, un critique de musique pop. Pour les 99% des habitants, Gangnam a tout ce dont ils sont privés: des gens beaux grâce à la chirurgie esthétique, «lookés» grâce à leurs habits et accessoires de mode, minces grâce à leur pratique du yoga et l’aide de leurs entraîneurs personnels.

Or, remarque AP, PSY a choisi pour son clip des décors, des personnages, des habitudes et des vêtements qui ne ressemblent pas du tout à ce fameux style Gangnam, mais bien plutôt à celui du Coréen populaire, qui se reconnaît parfaitement dans ces tranches de vie présentées de manière burlesque.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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