Monde

Défense, politique étrangère... Les propositions pour une Europe bien plus intégrée

Laure Beaulieu, mis à jour le 19.09.2012 à 12 h 38

Angela Merkel et son ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle, le 12 septembre à Berlin. REUTERS/Tobias Schwarz

Angela Merkel et son ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle, le 12 septembre à Berlin. REUTERS/Tobias Schwarz

Le rapport du groupe de réflexion composé de 11 des 27 ministres des Affaires étrangères européens (dont ceux de la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et la Pologne, c'est-à-dire 5 des 6 plus gros pays) a rendu son rapport final le 17 septembre. Ils souhaitent une refonte de la politique étrangère de l’Union européenne. Dans ce document de 8 pages, ils affirment:

«Nous devons sur le long terme tenter de mettre en place une politique de défense européenne avec des efforts en commun concernant l’industrie de défense (par exemple la création d’un marché commun pour les projets d’armement); pour quelques membres du groupe cela pourrait éventuellement impliquer une armée européenne.»

Le groupe propose, en outre, que «la protection des frontières extérieures de l’espace Schengen soit renforcée (par la création d’une «police européenne des frontières») ou, à moyen terme, qu’un visa européen soit créé».

Autre proposition de taille: l’élection directe du président de la Commission, qui nommerait les membres d’un «gouvernement européen».

Les propositions n’ont cependant pas été acceptées par l’ensemble des pays, et la plupart des plus importantes sont présentées entre parenthèses ou sont précédées d’une indication afin de préciser que l’ensemble des pays ne sont pas tombés d’accord sur ce point.

Mené par le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, ce groupe n’est pas sans importance, même si, note le New York Times, ce ministre allemand appartient à un parti minoritaire dans la coalition allemande, et qu’il est donc difficile de juger si les propositions seront étudiées sérieusement.

«Le renouveau en Allemagne du concept d’union politique reflète le fait que la classe politique allemande est devenue de plus en plus intégrationniste à mesure que la crise de l’euro a progressé. Mais, ce que les partenaires de l’Allemagne souhaitent savoir, c’est si les Allemands sont sérieux dans leur croyance à une Europe plus intégrée, ou si leur demande de plus d’Europe est seulement une réponse émotionnelle aux difficultés qu’ils rencontrent», relate Charles Grant, directeur du think tank le Center for European Reform au New York Times.

Hormis l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal et l’Espagne ont participé à ce groupe de réflexion et ont signé ce rapport.

Grand absent parmi les signataires: le Royaume-Uni, qui «opposerait son veto à la création d’une armée européenne et refuserait de prendre part à des politiques étrangères, auxquelles le pays s’oppose», selon le Guardian.

Interrogé par le Telegraph, le député conservateur Steve Baker a affirmé: «L’Union européenne est en train d’émerger comme un Etat à part entière, qui n’est pas sous contrôle démocratique. L’idée de faire ces changements sans le consentement absolu des Britanniques serait criminelle.»

Laure Beaulieu
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