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Pourquoi l'Allemagne copine avec l'Ouzbékistan

Temps de lecture : 2 min

Le président de l'Ouzbékistan, Islam Karimov, à Moscou en 2008. REUTERS/Alexander Natruskin
Le président de l'Ouzbékistan, Islam Karimov, à Moscou en 2008. REUTERS/Alexander Natruskin

À l'occasion de la visite officielle, aujourd'hui, de membres du ministère fédéral allemand de la Coopération économique à Tachkent, la capitale de l'Ouzbékistan, le quotidien berlinois Tageszeitung se penche sur les relations troubles qu'entretient l'Allemagne avec cette ancienne république soviétique.

Sous couvert d'aide au développement, le gouvernement allemand verse ainsi chaque année des millions d'euros à l'Ouzbékistan (7,5 millions d'euros en 2012), qu'il considère à la fois comme «un pays à l'importance stratégique pour la coopération allemande au développement» et comme l'«un des régimes les plus autoritaires» de la Communauté des États indépendants, qui regroupe onze anciennes républiques de l'ex-URSS. Le pays est dirigé depuis plus de 20 ans par le dictateur Islam Karimov. Le journaliste Marcus Bensmann rappelle:

«Selon les indications de l'ONU, la torture est pratiquée de façon «systématique» en Ouzbékistan, il n'y aucune liberté de presse ni les prémisses d'une société de citoyens autonome. La désobéissance civile est réprimée par la violence. En 2005, lors du massacre d'Andijan, une ville de la province ouzbèque, les panzers ont fait feu lors d'une insurrection populaire et tué des centaines de personnes.»

Mais le gouvernement allemand préfère visiblement fermer les yeux sur ces atteintes aux droits de l'Homme pour servir ses intérêts stratégiques. L'armée allemande, la Bundeswehr, ainsi que l'OTAN utilisent en effet la ville de Termez, au sud du pays, comme base pour leurs interventions en Afghanistan. C'est via l'Ouzbékistan que devraient avoir lieu l'an prochain une grande partie des retraits de troupes. L'Allemagne paye ainsi près de 16 millions d'euros de loyer annuel pour pouvoir utiliser l'aéroport de Termez.

Cette situation, dont les médias allemands parlent rarement, fait l'objet de critiques au sein de l'opposition. Interrogée par le Tageszeitung, la députée au Bundestag Viola von Cramon (Verts) dénonce l'attitude schizophrénique du gouvernement allemand:

«Au regard des atteintes massives aux droits de l'Homme, le fait que l'Ouzbékistan soit traité comme un pays de coopération par l’Allemagne n'est pas justifiable.»

Grégoire Fleurot Journaliste

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