Monde

#MuslimRage: le coup de Newsweek s'est retourné contre lui

Temps de lecture : 2 min

Une de Newsweek du 24 septembre
Une de Newsweek du 24 septembre

Le magazine américain Newsweek n’en est pas à son premier coup médiatique. Mais cette fois, le lancement du hashtag #MuslimRage sur Twitter accompagné d’une une du même nom est peut être le coup de trop.

Au moment de la parution du magazine daté du 24 septembre, Newsweek a lancé cet appel sur Twitter: «Vous voulez parler de notre dernière couverture? Faites-vous entendre avec le hashtag: MuslimRage [la colère musulmane]


La une du magazine affiche en gros caractère Muslim Rage et annonce un article de la féministe Ayaan Hirsi Ali par les phrases «comment j’y ai survécu, comment on peut en finir.»

Répondant à l’appel, les internautes ont bien amorcé un débat sur Twitter avec ce hashatg. Mais pas de la manière attendue par Newsweek. Le New York Times et le Washington Post recensent quelques-uns des tweets les plus ironiques. On a pu lire par exemple:

«Quand tu décapites un infidèle mais que ton iPhone ne l’a pas enregistré correctement alors tu n’es pas reconnu à ta juste valeur #MuslimRage»

Des blagues culturelles comme «l’alcool est haram, mais pas l'herbe #MuslimRage» ou sur le hijab:

«Je suis tellement bien coiffée aujourd’hui mais personne ne le sait #MuslimRage.»


The Atlantic explique que Newsweek a sous-estimé à la fois son audience et le journal lui-même. Le coup médiatique s’est retourné contre eux.

«Ils [les internautes] ont transformé le propre cynisme du magazine en quelque chose de mieux –quelque chose de drôle et qui a du sens et pertinent et vrai. Ils ont transformé "l’expérience déjà écrite à l’avance" de Newsweek en quelque chose qu’ils ont écrit eux-mêmes.»

Le Telegraph regrette que Newsweek continue dans la lignée des unes controversées comme celle sur Barack Obama qui annonçait «le premier président gay».

Il décrit cette une comme «un article de journalisme choc écœurant qui rabaisse ce qui fut un jour un grand magazine.»

Le Los Angeles Times explique que la provocation de Newsweek n’a qu’une seule fin: augmenter les ventes. Samir Husni, du centre pour l’innovation en magazine à la Meek school of journalism and new media, explique que Newsweek ne fait que «jeter de l’huile sur le feu.»

«Ils sont devenus des experts sur comment enflammer la conversation médiatique, et à chaque fois que l’on fait ça, les gens achèteront le magazine pour les bonnes ou mauvaises raisons.»

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