Culture

«La fin des hommes» est-elle vraiment arrivée?

Pauline Moullot, mis à jour le 17.09.2012 à 18 h 25

Capture d'écran Youtube de la bande-annonce de Girls

Capture d'écran Youtube de la bande-annonce de Girls

Dans son dernier livre, The End of Men, la journaliste féministe de The Atlantic Hanna Rosin (et contributrice à Slate.com) décrit une nouvelle phase du féminisme, dans laquelle les femmes seraient enfin arrivées au pouvoir.

Selon le Washington Post, c’est du moins ce que le titre indique mais pas l’essentiel du livre. La journaliste décrit comment les femmes prennent le pouvoir, mais explique aussi que beaucoup de progrès restent à faire.

Le New York Times explique que selon Hanna Rosin, cette révolution féministe est en fait due à l’économie de service. Puisque l’industrie, où la force physique était prédominante, est peu à peu remplacée par des secteurs dans lesquels «l’intelligence sociale, la communication ouverte et l’habilité à rester immobile et concentré» priment et qui ne relèvent pas, selon Rosin, «essentiellement du domaine des hommes et semble venir facilement aux femmes».

«Pour la première fois dans l’histoire, l’économie mondiale devient un endroit où les femmes ont plus de succès que les hommes.»

Mais cet essor des femmes est aussi inégalitaire: alors que les hommes en haut de l’échelle ne laissent pas leur place aux femmes, c’est ceux qui travaillaient justement dans les usines qui en souffrent. Alors qu’en 1950, un homme sur 20 ne travaillait pas aux Etats-Unis, cette statistique s’élève aujourd’hui à un sur cinq. Six millions d’emplois industriels ont disparu dans le pays depuis 2000.

Le New York Times se demande s’il est très pertinent de suggérer que «le succès –matériel, social, sexuel, émotionnel– dépend de notre genre et pas de la structure légale et institutionnelle dans laquelle on vit? […] Ce genre d’argument semble apolitique et imprudent, surtout à un moment où l’on est confrontés à des représentants publiques qui travaillent activement à saper l’accès à la contraception, l’avortement et un salaire égal».

Le Washington Post quant à lui regrette qu’Hanna Rosin ne prenne en considération que les femmes américaines.

«Essayez d’expliquer à une fille d’Afghanistan qui ne peut pas aller à l’école ou à une femme d’Arabie saoudite qui ne peut pas conduire que l’on est arrivés à “la fin des hommes”.»

Selon The Atlantic, la série de Lena Dunham Girls constitue un bon exemple de la situation des femmes américaines aujourd’hui et remplit les blancs laissés par le livre d’Hanna Rosin. Les filles de la série sont des femmes, mais elles ne dominent pas le monde, elles galèrent.

«Girls fournit un supplément fascinant et nécessaire au livre de Rosin, en proposant une réplique irritée à l’affirmation selon laquelle les femmes "gagnent". La série nous montre le harassement sexuel, la haine de soi et le manque complet de solidarité qui demeure une réalité pour beaucoup de jeunes femmes même si, dans l’ensemble, leur genre arrive au sommet.»

Pauline Moullot
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Journaliste
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