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Qui sont les croisés qui ont réalisé le film anti-islam?

Temps de lecture : 2 min

Innocence for Muslims - Capture d'écran
Innocence for Muslims - Capture d'écran

Le site du magazine Time recense les éléments connus sur les personnes impliquées dans la propagation d’Innocence for Muslims, le film anti-islam qui a provoqué des violences en Egypte et l’attaque contre l’ambassade américaine de Benghazi en Libye dans laquelle l’ambassadeur Christopher Stevens et trois autres personnes ont perdu la vie. Déjà diffusé en juin dans une salle —vide— d’Hollywood Boulevard à Los Angeles, Innocence for Muslims a par la suite été posté sur YouTube et traduit en arabe peu avant le 11 septembre, déclenchant la colère des manifestants égyptiens et libyens.

La presse a d’abord identifié Sam Bacile comme le réalisateur du film et celui qui l’a posté sur YouTube. Après investigations, il semble que rien de tangible n’existe à propos d’un Sam Bacile en Californie, l'homme utilisant sans doute un pseudonyme. On ne sait donc pas s’il est effectivement un citoyen d’Israël et des Etats-Unis ni s’il est promoteur immobilier, autant d’informations d’abord relayées par la presse américaine.

Interviewé par AP à Los Angeles où il réside, Nakoula Basseley Nakoula, qui dit être un copte chrétien, et dont le nom du milieu rappelle phonétiquement le pseudonyme de «Bacile», serait le manager de la société qui a produit le film. En cherchant à qui appartient le numéro de téléphone qu’il a utilisé lors de l’interview, les journalistes ont découvert que l’adresse correspondante était aussi celle donnée par… Sam Bacile. Nakoula utilise aussi le pseudonyme de Nicolas Bacily.

Vétéran du Vietnam, fondateur en 1977 de Courageous Christians United, organisation anti-mormon, anti-musulmans et anti-témoins de Jehovah, Steve Klein est aussi le leader du groupe Concerned Citizens for the First Amendment, décrit par le Southern Poverty Law Center comme un groupe «haineux» ayant des liens avec les groupuscules d’extrême droite. Décrit comme «consultant» pour le film, il considère que les Etats-Unis sont en guerre sainte contre l’islam, dont les membres menacent de tuer le plus possible d’Américains.

Il explique la stratégie de provocation de l’équipe du film:

«Nous avons posé nos flyers dans les moquées de Californie, là où nous savions qu’il y avait un petit pourcentage de terroristes. Et l’idée était de localiser ces gars qui croient qu’Oussama ben Laden est un grand homme, pour les inciter à aller voir le film.»

S’il n’a pas participé à la production du film, le pasteur Terry Jones, extrémiste connu pour avoir brûlé des exemplaires du Coran devant les caméras, est un soutien idéologique de poids de Sam Bacile, avec qui il partage l’obsession d’une guerre contre l’islam.

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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