Monde

Libye: l'ambassadeur américain tué dans une attaque à Benghazi

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 12.09.2012 à 18 h 57

Le consulat américain de Benghazi (Libye) en flammes pendant l'attaque d'un groupe armé dans la soirée du 11 septembre 2012. REUTERS/Esam Al-Fetori.

Le consulat américain de Benghazi (Libye) en flammes pendant l'attaque d'un groupe armé dans la soirée du 11 septembre 2012. REUTERS/Esam Al-Fetori.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Christopher Stevens, âgé de 52 ans, est mort à la suite de l'attaque à la roquette et à l'arme automatique du consulat américain de la ville de Benghazi, qui a aussi coûté la vie à trois autres personnes dans la soirée du mardi 11 septembre —jour anniversaire des attentats d'al-Qaida aux Etats-Unis. Stevens serait mort dans l'incendie causé par l'attaque à cause des inhalations de fumée.

Plusieurs médias, dont les agences Reuters et AFP et le site Al Jazeera, avaient annoncé cette nouvelle dans la matinée du mercredi 12 septembre en citant des sources officielles libyennes —selon le Los Angeles Times, ces responsables libyens étaient le ministre de l'Intérieur pour la zone Est de la Libye, le chef de la sécurité de Benghazi ainsi que le chef du conseil municipal et de sécurité de la ville.

Sur son compte Twitter, un journaliste de l'AFP a publié une vidéo présentant la biographie de l'ambassadeur et son parcours en Libye.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait déjà, mardi soir, confirmé la mort d'un membre du département d'Etat américain, sans préciser alors son identité. Elle a par la suite réagi en condamnant fermement cette attaque:

«Je condamne de la manière la plus forte l'attaque sur notre mission à Benghazi aujourd'hui. [...] Il n'y a jamais de justification pour des actes violents de cette sorte.»

L'attaque est due à la colère de Libyens à l'encontre d'un film amateur américain jugé blasphématoire, qui selon eux porte atteinte à l'Islam et à son prophète Mahomet, tourné en dérision dans cette vidéo. Laquelle, postée sur Youtube, a été soutenue aux Etats-Unis par le pasteur ultra Terry Jones, déjà célèbre pour avoir brûlé en avril 2012 des exemplaires du Coran devant des caméras de télévision, précise Reuters. Le film s'intitule «Innocence of Muslims»L'Innocence des musulmans»), et a été «réalisé et produit par Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain de 54 ans», écrit le site FTVi.

Pour la même raison, en Egypte, l'ambassade américaine du Caire a été prise d'assaut par des manifestants qui ont remplacé le drapeau américain par une bannière noire islamique portant une déclaration de foi, souvent utilisée par al-Qaida et les islamistes radicaux de la région, précise l'agence AP.

Ces évènements en Libye et en Egypte ont provoqué une polémique dans la campagne présidentielle américaine, le camp Romney attaquant l'administration Obama, dont la première réponse n'aurait pas été de «condamner les attaques» mais «d'affirmer sa sympathie avec ceux qui les ont menées». En réalité, comme le relève le site Mother Jones, le département d'Etat a bien condamné les attaques, tout comme le président Barack Obama.

L'ambassade américaine en Egypte avait, de son côté, condamné «les efforts continus d'individus malavisés en vue de blesser les sentiments religieux des musulmans», en référence au film anti-islam qui a été le déclencheur de la manifestation. Sauf que ce communiqué a été publié par l'ambassade avant l'attaque qui a coûté la vie à Christopher Stevens en Libye.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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